Articles 2014

Articles publiés en 2014

  • Artiste et Travail : cela a-t-il un sens ?

     

    Depuis que j'ai décidé de développer ma fibre artistique, en octobre 2011, je me suis interrogé sur la notion de travail dans cette nouvelle activité.

    Je suis parti plein de bonnes intentions. Celle de 2012, citée dans mon article du 11 janvier de la même année, était "nulla dies sine linea", pas un jour sans une ligne. Je me suis rapidement rendu compte que j'en serais incapable et que ce n'étais pas la façon dont j'avais envie de vivre l'art. Je ne voulais pas m'astreindre à un exercice quotidien sous prétexte que c'est ce que faisait Picasso, Cézanne ou d'autres maîtres.

    En évoquant la notion de travail, Albert Jacquard tient des propos éclairants.

  • Une belle fin d'année...

    Fourth-Avenue

    Georges Mathieu, "Fourth Avenue" - Huile sur toile - 152,4 x 152,4 - 1957
    source : www.fiac.com

    Il s’est passé de belles choses, cette semaine.

    D’abord le décrochage à la Galerie d'Aguesseau, mardi 16, après 6 semaines d'exposition. Deux visiteurs de dernière minute ont permis de prolonger le plaisir de la rencontre autour des gestes colorés. Nous avons procédé ensemble à la dépose dans une ambiance joyeuse. J’avais vu les gestes colorés des dizaines de fois dans cette galerie, derrière une vitrine où ils étaient bien mis en valeur. Pourtant, en les tenant en main à la lumière du jour, j’avais l’impression de les redécouvrir, encore plus colorés et lumineux.

    A la suite de l’article publié sur mon blog à propos de l’exposition « L’envolée lyrique », une amie s’est manifestée, me signalant que des œuvres de Georges Mathieu étaient exposées jusqu’au 20 décembre dans les 2 galeries parisiennes Applicat-Prazan, rue de Seine et avenue Matignon.

    Dans chacune d’elles, j’ai rencontré une personne délicate, charmante et passionnée avec qui j’ai évoqué mon parcours et ce qui m’amenait à la peinture de Mathieu. Les toiles de Georges Mathieu exposées avaient été présentées à la FIAC 2014 et un superbe catalogue format A3 me permet de prolonger l’émotion ressentie devant certaines œuvres, notamment « Fourth Avenue » (ci-dessus) et « Ksanti ».

    Dans le catalogue, j’ai trouvé des mots sur la façon dont Georges Mathieu concevait son travail de création. Je me sens décidément très proche de sa démarche.

    Je vais suivre de près la programmation de cette galerie dédiée aux Grands Peintres de l’École de Paris des années 50.

    Avec un dernier trimestre riche d'expériences et d'émotions artistiques, 2014 se termine en beauté.

  • Les regrets de "L'envolée lyrique"

    L envolee lyrique paris 1945 1956

     

    J’ai acquis récemment un livre de peinture intitulé « L’envolée lyrique, Paris 1945-1956 ». On y trouve le catalogue commenté de l’exposition éponyme qui s’est tenue au Musée du Luxembourg en 2006.

    On y trouve des œuvres d’artistes connus du grand public comme Pierre Soulages et Nicolas de Stäel, et celles d’artistes moins célèbres mais dont l’œuvre, plus encore que les 2 premiers, me transporte et me touche : Georges Mathieu, Zao Wou-ki, Hans Hartung, Bazaine, Doucet, Riopelle, Schneider, Wols… Je ne sais plus où donner du regard dans ce monde de couleurs et de gestes. Je comprends, j’admire et je ressens le besoin physique de la rencontre, de vibrer en face des toiles.

    Si l’espoir peut être vain, les regrets le sont assurément. Pourtant, ne pas pouvoir vivre aujourd’hui l’évènement de cette exposition provoque en moi une sensation bizarre, qui ressemble à celle des mauvais choix, des erreurs bêtes et irrattrapables, des occasions ratées, de la frustration… Mais je n’y peux rien, puisqu’à l’époque je n’étais pas « né » à tout cela !

    Chaque œuvre du catalogue est accompagnée d’une citation dont deux me parlent particulièrement :

    -      Georges Mathieu : « Aucune image, aucune idée antérieure ne précède la seconde où je commence à peindre ; le premier geste peut être arbitraire. Il l’est le plus souvent. Mais le second est implacablement lié au premier (…) Je suis victime de mon premier geste. »

    -       Sam Francis : « Je crois que la valeur d’une action (d’une peinture) se trouve dans le domaine du non-intentionnel. Car les choses intentionnelles ont nécessairement une surface qui nous trahit, nous oblige et qui cache presque tout. »

    Si vous avez visité cette expo et si vous avez envie d’en partager des souvenirs, faites-moi signe, je suis preneur !

  • Inside : déroutant, étonnant, dérangeant !

    Thidet stephane

    Stéphane Thidet, Le Refuge, 2014. Inside, Palais de Tokyo. Crédit photo : André Morin

    Mi-novembre, 17h45. J'ai 2h disponibles entre 2 rendez-vous et je suis à côté du Musée d'Art Moderne. Je m'y engouffre pour admirer, une fois de plus, l'immense fresque de "La fée électricité" puis les œuvres colorées des Delaunay ou un tableau hypnotisant de Zao Wou-Ki, un maître de l'abstrait. Las ! A peine entré, j'entends le haut parleur suggérer aux visiteurs de rejoindre la sortie, le Musée fermant à 18h.

    Heureusement, en face, se trouve le Palais de Tokyo, qui ouvre à midi et ferme à minuit. Y sont programmées des expos et évènements d'art contemporain. En ce moment y a lieu "Inside", exposition où, d’une installation à l’autre, le visiteur "se trouve toujours à l’intérieur d’œuvres qui nous conduisent en nous, de la peau jusqu’à nos pensées les plus secrètes", dixit la plaquette de présentation.

    J'avais jusqu'ici visité une seule expo d'art contemporain à Montrouge, en 2008, époque où je n'avais pas encore idée de mon futur artistique. Je m'étais senti étranger à ce type d'art dont l'intérêt et les sujets me semblaient inaccessibles. En visitant "Inside", j'ai tout d'abord ressenti le même sentiment d'étrangeté en me retrouvant au milieu d'œuvres telles qu'une sorte de blokhaus en ciment, un château gonflable dégonflé disparaissant sous un amoncellement de poutres gigantesques, une maison-refuge à l'intérieur de laquelle il pleut averse, une salle où sur 2 murs se faisant face sont projetées des vidéos : en regardant la première on se sent voyeur alors qu'avec la seconde, on se sent observé. D'autres vidéos sont étranges et dérangeantes, faisant ressentir de l'étonnement, de l'amusement ou même du dégoût.

    Quoiqu'on pense de l'art contemporain, on ne ressort pas indemne de la visite d'"Inside". Certaines œuvres ont marqué ma mémoire de façon durable par ce que j'ai ressenti en les parcourant. En me posant, à certains moments, les questions : "qu'est-ce que je fais là ?", "je reste ou je pars ?", "pourquoi je ressens ça ?", je pense que les artistes exposants auront atteint leur but ; faire réagir le spectateur en le révélant à lui-même.

  • Signature, épisode 2

    Kokott 1

    Kokott 1 - Acrylique sur carton - 22 x 10.5 - 2014

     

    Cette semaine, avec un ami, nous avons évoqué la question de la signature. J'avais eu avec lui il y a quelques semaines une discussion qui avait été à l'origine de mon article du 6 octobre "Signature ou pas signature ?". Voyant que j'avais signé les gestes colorés exposés, il m'a fait part de son sentiment, trouvant la signature en décalage avec la personnalité exprimée par les œuvres. Je ne pouvais qu'y souscrire en me rémémorant le travail effectué pour la trouver. Tel l'élève studieux, j'avais cherché un geste simple et fluide. Avec ces propos, j'ai pris conscience de ce décalage que ressentais en fait sans le savoir.

    Mais finalement, n'est-il pas logique ? Comme l'enfant qui apprend à écrire avant de savoir signer, j'apprends à peindre avant de trouver mon expression picturale. Comme l'homme prend conscience de son caractère en grandissant, le peintre découvre sa personnalité au fil de sa vie artistique. L'adolescent cherche une signature manuscrite au moment où il lui devient nécessaire de s'identifier sur un document administratif. Mais il mettra probablement plusieurs années avant de trouver sa signature définitive, apposée de façon systématique sans y réfléchir.

    J'ai appris à peindre mais ma personnalité artistique a besoin de se construire davantage pour que je puisse en prendre conscience, me l'approprier et trouver la marque qui la signera. Tout comme il est important pour un jeune d'être accompagné par des éducateurs soucieux de son épanouissement en tant qu'être humain, j'ai la chance (provoquée) de bénéficier d'un entourage honnête, bienveillant et soucieux de mon épanouissement artistique.

  • L'expo crée l'envie

    Mon bouquet sauvage

    Mon bouquet sauvage - Acrylique sur toile - F12 / 61x50 - 2014

    Cette expo à Boulogne-Billancourt m'apporte beaucoup.

    D'abord un rythme, car j'y suis en moyenne 3 fois par semaine pour accueillir entre 3 à 5 visiteurs qui m'ont donné RV. Le temps clément de ce mois de novembre me permet d'y aller en vélo et les 120 km hebdomadaires ainsi effectués me donnent la "pêche".

    La confiance, ensuite. Peut-être devrais-je plutôt dire aussi la conscience, car je suis étonné de la tranquilité avec laquelle je vis tout cela : les discussions avec les visiteurs, qui me permettent d'affiner la perception de ma situation et de clarifier mon discours au fil des questions et échanges ; l'attente d'une heure, parfois deux, devant la galerie, à observer les passants, ne me lasse pas : tournent-ils la tête, combien s'arrêtent, devant quelles œuvres, y-a-t'il des heures plus favorables que d'autres pour les visites... Il y a tant de choses à observer que je ne sens jamais le besoin de prendre de la lecture ou de la musique pour m'aider à passer le temps. Cette tranquilité (sérénité ?) me fait penser que je suis à ma place.

    L'envie de peindre, de poursuivre mon association du geste et de la couleur. Cette envie qui me manquait, me souciait, même, il y a quelques mois, je la retrouve grâce à la belle énergie renvoyée par mes visiteurs. Travailler sur un format plus grand que le A4 présenté lors de l'expo est stimulant. Plusieurs visiteurs me l'ont sugéré et je vais explorer les aspects techniques et posturaux de ce projet. "Mon bouquet sauvage", qui accompagne cet article, représente 5 formats A4.

     

  • L'arrosé arroseur

    21 ploudo 21x30 200

    Ploudo - Acrylique sur papier spécial - 21x30 - 2014

    L'expo actuelle génère des questions de la part des visiteurs : comment vient l'inspiration, d'où vient le geste, comment j'obtiens les dégradés et fusions de couleurs, combien de temps pour réaliser un "geste coloré", avec quelles références, comment je trouve les noms...?

    A ces questions, il m'est souvent difficile de répondre tant il est parfois compliqué de mettre des mots sur des sensations ; tout vient du moment, de l'énergie disponible et ressentie et des choix immédiats lors de la réalisation : quelles couleurs, où et comment les placer. Mes visiteurs se posent des questions que je me pose moi-même sur l'œuvre d'autres artistes. J'ai l'impression d'être l'arrosé arroseur et c'est un sentiment étonnant car inattendu.

    Un visiteur, pourtant, m'a surpris par son analyse de ce que je produis, identifiant très rapidement mes choix techniques. J'ai ressenti une fraction de seconde la sensation d'avoir été découvert, comme un gamin qui joue à cache-cache. Et très rapidement nous avons évoqué nos références, nos expériences et poursuivi notre conversation sur le mode de la complicité, comme deux personnes qui se comprennent sans se connaître.

    Tout comme j'aimerais qu'un artiste qui me touche me parle avec des mots évocateurs, j'essaye d'être clair dans mes réponses aux questions des visiteurs, d'utiliser un vocabulaire simple, précis, permettant d'établir une relation directe et immédiate avec mon intelocuteur.

  • Alors, ça marche ?

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    La Galerie d'Aguesseau, 9 novembre à 17h30

    Depuis samedi 1er novembre, 1er jour de l'expo, j'ai fait plusieurs permanences au cours desquelles j'ai eu des visites d'amis, planifiées ou imprévues. J'ai eu également l'occasion de me présenter à des personnes que je ne connaissais pas et qui s'arrêtent devant mes gestes colorés. Nous avons échangé quelques mots ou, plus longuement, sur nos expériences, parcours et motivations. Les visiteurs trouvent en général les œuvres stimulantes pour l'imagination et c'est ce qui fait pour eux l'intérêt de l'expo.

    Le quartier est relativement animé. Il y a toujours du passage, la galerie se trouvant à quelques dizaines de mètres d'un important complexe commercial et culturel (magasins, cinémas, restaurants et bars, médiathèque) dont je peux bénéficier si le temps est froid ou pluvieux, ou si j'ai envie de varier les plaisirs lors de mes permanences.

    Comme vous pouvez le constater sur la photo, un éclairage blanc est venu remplacer avantageusement la lumière jaune précédemment en place. J'ai eu une première réservation d'œuvre, à confirmer lorsque le client potentiel l'aura vue "en vrai".

    Quand on me pose la question : "alors, ton expo marche ?" j'hésite toujours avant de répondre. Assurément, je ne suis pas déçu, même si je constate qu'il est difficile d'attirer le regard des 2 personnes sur 3 qui, les jours de semaine, ont des écouteurs dans les oreilles ou regardent et manipulent fébrilement leur téléphone portable. Le WE, les gens marchent moins vite, se promènent en groupe de 2 à 4 personnes et prennent davantage le temps.

  • Expo Aguesseau - Accrochage

     

    Galerie d'Aguesseau - fin d'accrochage et vue de nuit

    Vendredi 31 octobre, 10h30

    Présenter 33 œuvres dans la galerie demande un travail de réglage conséquent. Nous sommes 2 pour décrocher les 25 tiges de cimaises de l'expo précédente, en sélectionner 7 de plus qui disposent d'un crochet qui coulisse correctement, rechercher la bonne hauteur pour les crochets et les fixer sur les 32 tiges, positionner ces  dernières à égale distance les unes des autres pour terminer par l'accrochage des œuvres selon l'ordre défini.

    Rectification de l'alignement puis vient l'heure de vérité. Nous sortons dans la rue et vérifions que ça "fonctionne", que ce qui a été imaginé et travaillé sur le papier donne le résultat escompté.

    Il ne reste plus qu'à poser à côté de chaque œuvre un autocollant avec son numéro, à rendre visibles la liste des prix et mes coordonnées... L'ensemble aura duré 2 petites heures.

    Samedi 1er novembre, 15h30

    Faire le trajet de mon domicile à la galerie me demande 1h de vélo, 1h15 de transport en commun ou... entre 25 minutes et 2h de voiture, selon l'état du périphérique parisien. C'est le vélo que je privilégie en cette clémente journée de Toussaint.

    Je me pose en observateur devant la galerie, histoire de voir la fréquentation du lieu un samedi et dans quelle mesure l'accrochage attire l'œil du passant. Le quartier est très animé mais la galerie est un peu excentrée, entre le centre commercial et une zone de bureaux. Il y a peu de passage, mais c'est loin d'être désert. Sur les 50 personnes qui passent en 1/2h, 5 tournent leur regard vers la galerie en continuant leur route et une seule s'arrête quelques instants. Je me dis que "c'est pas gagné" et cherche comment la scénographie pourrait être optimisée pour accrocher davantage le regard.

    Un couple d'ami arrive vers 16h et nous discutons en nous arrêtant devant la galerie. Etonnamment, dans la 1/2h qui suivit, 5 personnes s'arrêtent, prennent le temps de regarder plusieurs œuvres. L'une d'elles parcourt la totalité de l'expo. Je laisse mes amis quelques instants pour me présenter au visiteur et échanger quelques mots.

    Avec l'heure qui avance, je me rends compte que l'expo a plus d'allure, plus de visibilité lorsque la lumière extérieure diminue. Celle de la galerie prend de l'importance car les reflets sur les vitres ne viennent plus polluer le regard. La couleur des "gestes colorés" attire alors davantage. Je m'aperçois que les lumières au-dessus des œuvres sont mal orientées et qu'une vitre est très sale. Je corrigerai tout cela lundi matin, lorsque la galerie sera de nouveau accessible de l'intérieur, avec l'ouverture des bureaux de CEGEDIM.

    Rendez-vous le WE prochain pour partager l'actualité de ma semaine d'exposant Clin d'œil. Le temps sera moins clément mais je continuerai à venir observer les comportements, me présenter aux visiteurs intéressés, comprendre comment fonctionne le quartier aux différentes heures de la semaine et du WE et chercher les meilleurs lieux de rencontre.

  • Scénographie

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    A la fin de cette semaine, le 31 octobre, je procéderai à "l'accrochage", c'est à dire la mise en place des œuvres dans la Galerie d'Aguesseau.

    Cette opération est le résultat d'un travail de plusieurs semaines où j'ai passé et repassé les scénarios possibles de présentation : combien d'œuvres sur chaque mur, à quelle distance les unes des autres, selon quels critères les regrouper, lesquelles placer côte à côte, avec quel encadrement ? Il s'agira pour moi de chercher l'harmonie et de préférer le sens à l'effet.

    Pourtant, malgré ce travail préalable, le résultat de l'accrochage m'est inconnu. L'an dernier, à Saint-Mandé, j'avais pu tester l'expo quelques jours avant l'accrochage en disposant de la galerie pendant 2 heures. Cette fois-ci, je ne pourrai disposer du lieu que le jour de l'accrochage.

    L'une des contraintes viendra des allers et retours que je devrai faire entre le couloir, permettant de circuler le long des fenêtres à l'intérieur du bâtiment, et le trottoir, de l'autre côté des vitres, car la largeur du couloir ne permet pas d'avoir suffisamment de recul pour se mettre à la place du spectateur.

    Je saurai très rapidement si ma scénographie imaginaire fonctionne... ou si la journée sera longue, à déplacer de multiples fois les (32 ou 33) œuvres pour obtenir un résultat satisfaisant.

  • L'heure approche...

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    Jump'n jaws - Acrylique sur papier spécial - 21x30 - 2014

    L'expo se profile et tout se présente bien. Ce seront 32 "Gestes colorés" qui seront présentés sur les 40 mètres de linéaire de la Galerie d'Aguesseau.

    L'essentiel de mon énergie et de mon temps sont orientés vers la promotion de l'expo auprès des galeries environnantes et des organes d'information municipaux. Il faut être persévérant car si j'envoie beaucoup de mails, j'ai rarement une réponse. Mais si je ne peux pas entrer par la porte, j'essaye par la fenêtre sans me décourager. Et ça, ça me plaît ! Je suis dans mon élément lorsqu'il s'agit de creuser, de chercher des solutions, de trouver avec l'aide de mon réseau des chemins permettant de contourner les difficultés. Si ça n'aboutit pas, ce n'est pas grave car l'essentiel est fait : les œuvres existent, le réseau est informé, les échéances sont fixées, les documents de communications (scans et articles) sont prêts... Tout baigne !

  • Je suis dans la place/plaque

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    Arachnid - Acrylique sur papier spécial - 21 x 30 - 2014

    Les Portes Ouvertes aux Ateliers d'Artistes ont lieu cette année à Montreuil du 10 au 13 octobre. D'un atelier à l'autre, le visiteur rencontre l'artiste et découvre ses œuvres sur son lieu de travail. Cette année, au fil de mon parcours, j'ai des sensations différentes par rapport aux années précédentes.

     

    En 2012, j'ai visité beaucoup d'ateliers. Je me sentais comme celui qui a tout à apprendre, tout à découvrir. L'artiste que j'interrogeais dans son atelier parlait d'or, je buvais ses paroles comme un disciple. Sa capacité à créer revêtait un aspect mystérieux pour lequel je ressentais fascination et admiration.

    En 2013, j'ai visité peu d'ateliers. Je n'en avais pas envie, sans que je puisse comprendre pourquoi. C'était pourtant une belle opportunité pour prendre des références et des contacts dans un monde que j'aspirais à connaître. Peut-être projetais-je ma vision de la vie d'artiste sur ce que je voyais et je ne m'y retrouvais pas. Curieuse sensation, probablement liée au fait que j'étais en période de transition quant à la considération de ma situation d'artiste.

    Cette année, je ne cherche plus à savoir comment vit un artiste, à prendre contacts et références. Je suis simplement à la recherche d'émotions et de partage. Avec les amis que j'accompagne et avec l'artiste dont l'œuvre me touche. Je ne cherche pas d'explication à tout mais plutôt à me situer en tant qu'artiste. Je me sens aujourd'hui du monde que je visite. Je suis "dans la place" en quelque sorte. J'identifie la façon dont travaille l'artiste, j'observe comment les œuvres sont mises en scène et en valeur (ou pas...). J'écoute le discours de l'artiste en réponse aux questions ou remarques des visiteurs. Je me fais une idée sur les outils de communication utilisés, les prix pratiqués et la convivialité de l'accueil.

    Sur tous ces points, je confronte mon expérience et mon projet d'exposition à ce que je vis / vois et je me sens... "dans la plaque".

  • Signature ou pas signature ?

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    Sunset - Acrylique sur papier spécial - 21x30 - 2014

    Un ami a récemment attiré mon attention sur le fait que beaucoup de mes œuvres n'étaient pas signées.

    Il est vrai qu'autant je peux ressentir de la fierté à les réaliser, autant je ne ressens ni le besoin ni l'envie de les signer. Les psychanalystes auront probablement une explication à donner, mais pour moi, c'est tout simplement par ce que je trouve que la signature, telle que je la conçois, ne fait pas partie intégrante de l'œuvre. Elle peut même déranger l'équilibre qui fait qu'à un moment j'ai décidé de m'arrêter, de dire qu'elle était terminée.

    J'ai compris que, pour mon ami, la question se posait différemment. Une œuvre comme celles que je produis ne se fait pas toute seule, ne se trouve pas (en tout cas je l'espère ;-)) au bord du chemin. Elle est le fruit d'une histoire dont il a envie de voir la trace, la signature étant en quelque sorte le lien entre celui qui regarde et celui qui a fait. Tout cela a du sens.

    Sur sa demande, j'ai donc cherché une signature qui me corresponde, avec pour critères la simplicité et l'unicité du geste. En m'exerçant, je me suis rendu compte à quel point signer est un acte qui pose au peintre beaucoup de questions, comme celles de :

    - la taille : elle doit être visible sans prendre trop d'importance
    - l'endroit : où la placer pour ne pas perturber l'équilibre de l'œuvre
    - la couleur : laquelle choisir, toujours dans un soucis d'équilibre de la lumière
    - la matière : encre ? acrylique ? Cela dépend, entre autres, de la matière et du support de l'œuvre mais aussi des couleurs dont on dispose
    - l'outil : l'épaisseur du trait variera avec la taille de l'œuvre et la matière choisie ; on prendra une plume (métal ou bambou), un pinceau plus ou moins fin, un feutre...

    Je me rends compte qu'il me faudra du temps pour trouver les bons repères et me sentir à l'aise pour signer une œuvre.

  • Préparation d'expo - acte 1

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    Crédit photo : Yohan SANCERNI, photographe

     

    Dans ma vie "d'avant", je me demandais comment un artiste organisait son temps. J'imagine que la plupart des personnes travaillant dans un autre domaine que l'art voient le peintre dans son atelier, devant sa toile, l'écrivain assis devant sa feuille plus ou moins blanche, le musicien devant son instrument testant des harmonies ou s'essayant à des mélodies... Je sais maintenant qu'il y a une autre facette de la vie d'artiste sans laquelle il est bien difficile pour lui de vivre de son art : gérer son réseau, mettre en valeur son offre, soigner sa communication, se faire connaître physiquement en rencontrant des amateurs d'art, des galeristes, pour sentir où se trouve le marché et comment s'y faire une place.

    Selon Laurence Bourgeois ("Prodession Artiste / Vivre de son art" aux Editions Eyrolles) l'artiste doit consacrer la moitié de son temps à la promotion et à la gestion de son œuvre. En période de préparation d'exposition, comme c'est le cas pour moi en ce moment, cela représente 70 à 80% du temps. J'ai listé une bonne trentaine d'actions qui restent à réaliser dans les 15 jours à venir pour finaliser l'exposition des œuvres (lesquelles, avec quelle scénographie et quel encadrement...) et la communication associée (qui informer/inviter, par quel media, créer les messages, affiches et cartons...).

    Parmi les actions entreprises, j'ai sollicité un photographe professionnel pour réaliser quelques portraits dont celui ci-dessus et celui qui illustre ma présentation sur le site.

    L'expo est prévue du 29 octobre au 16 décembre 2014. L'invitation sera finalisée et publiée dans les jours à venir et un prochain article vous présentera la galerie originale dans laquelle l'expo aura lieu.

  • Expo à domicile : ça marche !

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    Mercredi dernier, j'ai testé pour la première fois une "Expo à domicile".

    Cela consistait à amener TOUTE ma production disponible pour la montrer à un particulier disposant d'une place suffisante sur sa terrasse pour l'exposer.

    Expérience à renouveler sans modération : tout est transportable en sécurité et tient dans la voiture.

    Nous avons pu tester des emplacements pour certaines œuvres, simuler des encadrements, identifier des solutions d'éclairage ou de mise en valeur...

    Tout cela s'est fait dans la plus grande convivialité, en prenant le temps...

    Un moment plein de bonne énergie ! Sourire

     

  • 2 blogs à découvrir

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    La Barre des Ecrins (4102m) et le Glacier Blanc, dans le massif de l'Oisans

     

    En septembre 2011 je créais mon premier blog sur "Artblog", qui est ce que l'on nomme une "plateforme", à partir de laquelle tout un chacun peut créer et animer un blog très simplement, sans avoir de connaissance informatique particulière.

    L'avantage d'une plateforme, outre la facilité de création/gestion du blog, est d'animer une communauté de "bloggers". Artblog est une plateforme attachante car fréquentée par des artistes amateurs ou professionnels qui n'ont en général pas la "grosse tête". C'est pourquoi j'y garde un blog dans lequel je continue à poster chaque semaine un article qui renvoie vers mon site.

    Je souhaite aujourd'hui vous faire découvrir 2 blogs que je visite régulièrement pour la qualité des œuvres présentées et la personnalité attachante de leurs auteurs.

    Le premier est celui de Nine, dont les poèmes ont une intensité et une musique auxquels je suis sensible. Nine joue avec les mots et choisit chacun d'eux pour sa sonorité et le sens qu'il donne à ses écrits. Certains poèmes sont d'une force fascinante, d'autres d'une légèreté troublante.

    Le second est celui de Jité, incroyablement talentueux pour dessiner des portraits qu'il qualifie lui-même d'hyperréalistes. Vous pourrez juger de la qualité exceptionnelle de ses réalisations en visitant son blog. Jité est amateur de montagne (visitez sa rubrique "Evasions") et de vélo "sportif", sujets sur lesquels nous échangeons régulièrement.

    Si vous êtes allé(e) faire un tour sur ces blogs, qu'en avez-vous pensé ?

  • Go, go, go !!!

    SpringSpring - Acrylique sur papier spécial - 21 x 30 - 2014

     

    Un ami galeriste m'a récemment suggéré de m'inscrire au salon des "Hivernales de Montreuil", dont c'est la 3ème édition et qui se déroule sur 4 jours à... 200 mètres de chez moi. Cette manifestation rassemble des centaines d'artistes professionnels et accueille plusieurs milliers de visiteurs. Ce serait l'occasion d'accéder au grand public dans un lieu dédié à l'art.

    L'une des originalités de ce salon est que ce n'est pas l'auteur qui choisit les œuvres qu'il exposera mais les autres artistes participants au salon. Pour chaque œuvre qu'il souhaite exposer, l'artiste doit fournir au moment de l'inscription les photos d'un couple d'œuvres de même format. Ses collègues seront alors sollicités pour choisir laquelle des 2 œuvres sera exposée.

    Ce salon est plutôt dédié aux œuvres de grand format et je ne dispose pas en ce moment de 2 grands tableaux de formats identiques. J'ai jusqu'à fin septembre pour remplir toutes les conditions et tenter de m'inscrire.

    Ce serait cool si 2014 était l'année de mon premier salon... Go, go, go !!

  • Le vent et l'eau

    Le Rampy

    Les eaux du Rampy - Aude

     

    Il est des lieux où je me sens particulièrement bien. Je ne parle pas de l’environnement humain, du bruit, des odeurs ou d’autres facteurs sensitifs auxquels je suis plus ou moins sensible, mais d’une atmosphère, de vibrations que je ressens dans un endroit et qui font que je m’y sens mieux qu’ailleurs.

    J’ai passé cet été quelques jours dans un de ces lieux : une propriété au fond d’un vallon, entre deux collines, traversée par une rivière, avec des arbres majestueux hauts de 30 à 40 mètres. Une immense maison de près de 50 mètres de façade est adossée à l’un des versants du vallon et complète cet ensemble puissant.

    Son propriétaire me disait que l’endroit est « feng shui », du nom de cet art d’origine chinoise dont le but est d’harmoniser l’énergie environnementale d’un lieu dans l’objectif d’améliorer la santé et le bien-être de ses occupants. « Feng shui » signifie littéralement « le vent et l’eau », les principaux éléments naturels vecteurs d’énergie. Le vallon, la rivière et la maison sont orientés dans le sens des vents dominants. Les arbres protègent le lieu sans s’opposer aux flux énergétiques. Quand on est sur le terrain devant la maison, on entend le bruissement des feuilles malmenées par le vent sans en ressentir la violence. Ce lieu semble indestructible et protecteur.

    Cette discussion m’a persuadé d’être dorénavant plus attentif à mon ressenti lorsque je découvre un lieu : qu’est-ce qui fait que je m’y sens bien ou non ? Comment puis-je y circuler, par mon regard et mes mouvements ? Si du vent ou de l’eau arrivait par là où j’entre, comment se comporteraient-ils ? Et si je peux améliorer la circulation de l’énergie, je modifierai l’agencement du lieu.

    Et je me dis qu’en peinture ce type de questionnement existe, le regard prenant la place du vent et la couleur celle de l’eau.

    Avez-vous déjà eu ce type d’expérience ?

  • Petit "Geste" devient grand

    Big one

    Big one - Acrylique sur toile - 60x60 - 2014

     

    "Big one" n'est pas un "geste coloré" comme les autres. C'est le premier que j'arrive à réaliser dans un format supérieur à une feuille A4.

    Depuis 18 mois, mes tentatives sur grand format n'avaient jamais abouti. Davantage de confiance, une meilleure coordination des mouvements, une capacité accrue à me relâcher ont probablement permis une plus grande amplitude du geste.

    Bon WE et bonne semaine !

  • Laisser celui qui regarde décider

    Magma

    Magma - Acrylique sur papier - 20x30 - 2014

     

    Qu’est-ce qui m’autorise à décider de montrer une œuvre ou de la remiser ? Après tout, j’en fais ce que je veux puisqu’elle m’appartient. Pas forcément…

    Je me confiais récemment à un ami à propos d’une œuvre dont je ne savais pas quoi faire, ne sachant comment la poursuivre.

    J’ai compris dans sa réponse qu’il me suggérait de la montrer telle quelle et de laisser le spectateur décider. Pour lui, il est un moment où l’œuvre n’appartient plus à son créateur, sa valeur étant révélée par l’échange qui s’installe (ou pas) avec le spectateur et les (non-) réactions engendrées.

    Se pose alors la question du lieu où montrer mes œuvres. Une expo personnelle est un moment privilégié mais il est rare, ne dépend pas que de moi et n’est pas le lieu pour tout montrer. Je ne dispose pas de galerie personnelle ni de lieu d’exposition qui me permettrait d’accueillir des visiteurs au long de l’année. Mon site internet est un endroit simple et accessible à tous mais il ne me permet pas d’observer les réactions, peu de lecteurs écrivant des commentaires.

    Lorsque je montre des photos de ce que je fais ou que je parcours ma galerie internet en compagnie d’un ami en lui commentant les œuvres, je constate souvent l’écart important entre ce qu’il perçoit et la réalité, notamment en ce qui concerne les dimensions. Selon le ressenti du spectateur, un format A4 (20cm x 30cm) peut être « fantasmé » comme 10 fois plus grand et un format 1mx1m réduit 4 ou 5 fois.

    Beaucoup d’autres choses sont très différentes quand on est face à l’œuvre par rapport à une photo : d’abord la distance à laquelle on se place pour la regarder, mais aussi l’effet « matière », inexistant en 2D, ou l’éclat et les tons des couleurs, souvent altérés par la prise de vue et la diffusion sur écran.

    Pour évacuer ces problèmes et permettre l’échange, je ne vois qu’une issue : me déplacer chez le spectateur avec les œuvres qui l'intéressent. Ça peut se faire partout, toute l’année. Good idea ?

  • La grâce : bien vu Bergson !

    Curiosity

    Curiosity - Acrylique sur papier spécial - 21x30 - 2014

    "Si la grâce préfère les courbes aux lignes brisées, c’est que la ligne courbe change de direction à tout moment, mais que chaque direction nouvelle était indiquée dans celle qui la précédait."

    Ces mots, écrits par Bergson dans son Essai sur les données immédiates de la conscience, sont désormais inscrits en permanence quelque part dans mon cerveau. Comme les adresses de sites que l'on garde dans la "barre personnelle" de son navigateur internet parce que l'on y revient souvent.

    En lisant ces mots, je comprends pourquoi je regrette parfois d'avoir ajouté un geste sur une ligne colorée, qui brise une harmonie dont je n'ai conscience que parce qu'elle n'est plus là (Mmmmmh... c'était mieux aaaavant !). L'hésitation a le même effet destructeur ; j'ai beau essayer de la masquer en superposant un lien entre les 2 phases du geste, elle reste visible et perturbante. J'en déduis que de la fluidité naît la grâce qui elle-même précède la beauté. Le geste ne devrait-il pas commencer comme une évidence et se terminer dans une évaporation...? Vaste programme et... du pain sur la planche !

  • On ne se refait pas !

    Feloupe

    Feloupe - Acrylique sur toile (en cours) - 50x70 - 2014

    Je me mets parfois dans des situations difficiles. Dans l'absolu, tout cela n'est pas bien grave, mais cela peut devenir obsédant.

    "Feloupe" est un tableau fait à l'instinct. Il doit en être à sa quatrième vie, la première étant très probablement une tentative de geste coloré sur grand format et datant de 3 ou 4 mois. Au stade où vous le voyez, en illustration du présent article, il n'est pas terminé. J'ai le sentiment d'avoir atteint la limite de l'instinct créatif. Il pourrait devenir destructeur. Je préfère laisser la raison prendre le relai.

    Depuis 1 mois, le tableau est exposé dans divers endroits de la maison : salon, couloir, chambre... je n'ai pas encore essayé la salle de bain ou les toilettes Clin d'œil. Il ne me déplaît pas suffisamment pour que je lui fasse entammer une cinquième vie. Mais quelque chose lui manque, comme un aliment apétissant auquel il manque une saveur. Ma quête du moment est de lui trouver une issue, d'identifier les ingrédients qui le rendront délicieux.

    Le problème, c'est que si je fais des tests sur la toile, je ne peux pas revenir en arrière pour tester autre chose. Je dois donc trouver d'autres solutions pour travailler.

    Cela me renvoie à la notion de projet, chère à Delphine, professeur et artiste qui m'a mis le "pied à l'étrier" artistique : préparer avant de faire, esquisser avant de réaliser pour rendre le jet final efficace. Seulement voilà : la situation de difficulté n'est pas pour me déplaire. Peu importe le résultat, trouver une issue quand je suis dos au mur est stimulant. Ça me fait vivre des sensations multiples, de l'excitation à la résignation. Selon l'humeur et l'ambiance, les heures de recherche sont trop courtes ou d'une longueur désespérante. Au final cela crée une histoire qui finit toujours bien. Chaque œuvre a la sienne.

    Je me soupçonne de me mettre parfois inconsciemment dans cette situation pour avoir la satisfaction d'en sortir. Après tout, dans ma vie "d'avant", en entreprise, l'un de mes patrons à qui je posais la question "comment me vois-tu professionnellement ?" m'avait répondu : "comme un problem solver"... On ne se refait pas !

  • La beauté se partage

    Cds chabrieres 201407 2

    Les abonnés de longue date s'en souviennent peut-être : les couchers de soleil me fascinent.

    Le temps n'a pas été de la partie dans les Alpes en ce mois de juillet. Pourtant, lorsque le ciel se déchirait le soir, le spectacle confinait parfois au sublime.

    La beauté demande à être partagée. Aussi ai-je décidé d'ajouter une rubrique

    "Belles photos"

    à mon site, inaugurée avec quelques photos des Aiguilles de Chabrières. Ces pics calcaires surplombent majestueusement la retenue d'eau de Serre-Ponçon, dans les Hautes-Alpes, et sont pour moi un spectacle inspirant dont je ne me lasserai jamais.

    Bel été à tous !

     

  • Une expo exceptionnelle !

    Cezanne aquarelle rochers bibemus 2

    Cezanne - Rochers de Bibémus - Aquarelle - 1887-1890
    Collection Henry Pearlman
    Crédit Photo : Bruce M. White

    Visite aujourd'hui d'une exposition rare : Les chefs d'œuvres de la collection Pearlman, au Musée Granet d'Aix-en-Provence. J'en suis sorti avec l'envie d'en savoir plus et de peindre ; c'est bon signe !

    Henry Pearlman est un collectionneur d'art américain qui a rassemblé entre 1943 et 1974 des œuvres exceptionnelles de Cézanne, Van Gogh, Degas, Boudin, Monet, Gauguin, Pissaro, Sysley, Modigliani, Soutine... rien que ça !

    Parmi la cinquantaine présentée à Aix, une dizaine d'aquarelles de Cézanne. C'était surtout pour les voir que j'ai fait les 400km aller-retour du déplacement. Je connaissais le geste de Cézanne par ses huiles mais je n'avais jamais vu d'aquarelles et je me demandais comment il traitait son sujet avec cette technique. Ce que j'ai vu m'a tout simplement bluffé par la simplicité des choix : composition, couleurs et lignes. Les touches de couleur sont le plus souvent éparpillées dans la composition, laissant une grande place au papier vierge et à la lumière. Les 2 aquarelles de l'article présentent des lignes douces, à peine marquées, laissant ainsi une large place à l'évocation. La légèreté qui en résulte fait qu'elles sont mes préférées parmi la dizaine présente à l'expo.

    Cezanne la montagne sainte victoire vue des lauves en hiver

    Cezanne - La Montagne Sainte Victoire vue des Lauves en hiver - Aquarelle - 1900-1906
    Collection Henry Pearlman
    Crédit Photo : Bruce M. White

    Picasso confiait à son ami Brassaï à propos de Cézanne : "Il est notre père à tous", évoquant l'influence de ce dernier sur toute la génération de peintre dont Picasso faisait partie. Un Maître des Maîtres en quelque sorte...

    Si vous êtes dans les parages d'Aix-en-Provence d'ici le 5 octobre prochain, date de fin de l'expo, ne manquez pas de la visiter !

  • Dufy : aller à l'essentiel

    Dufy nice le casino de la jetee 1926

    Raoul Dufy - Nice, le Casino de la jetée - 1926
    Musée d'art moderne de la Ville de Paris

    Ça a commencé par un rendez-vous manqué du côté d'Iéna, à Paris. Qu'y a-t-il alors de mieux à faire que d'aller visiter le Musée d'Art Moderne (MAM) ? Les expositions permanentes sont gratuites et on y trouve des merveilles de la peinture contemporaine.

    Lors de cette visite, c'est Dufy qui m'a conquis. Ce n'était pourtant pas la première fois que je voyais ses œuvres mais là, j'ai été scotché ! La vivacité des couleurs, la simplicité du geste, le caractère évocateur du trait, je n'avais pas jusqu'ici perçu ces aspects dans la peinture de Dufy.

    Sur la toile ci-dessus, il est étonnant de voir comment Dufy traite le sujet : des aplats verticaux ou horizontaux de couleurs (3 ou 4) rapidement jetés, laissant apparaître ça et là des touches de lumières, un graphisme sobre et évocateur posé sur les aplats, quelques dernières touches de couleurs pour souligner certains détails et hop ! Ça paraît si simple... Ça dépasse de partout, il reste des traces d'esquisses, le trait est imprécis, presque grossier et, pourtant, chaque chose a sa place et il n'y a pas besoin de plus pour comprendre qu'on est à la mer (un trait épais de couleur, au fond à droite),  qu'il fait beau mais frais, que la scène est animée et que la foule clairsemée va dans tous les sens. Aucun détail superflu. Regarder une toile de Dufy fait comprendre ce que c'est que d'aller à l'essentiel.

    Et vous ? Connaissez-vous Dufy ? Comment voyez-vous sa façon de peindre et que vous inspire-t-elle ?

  • Le temps, la patience et l'espace

     

    Domes de Miage

     

    Dômes de Miage - Massif du Mont Blanc - 3673m

    Ces derniers temps je produis peu d'œuvres mais un intense "travail du chapeau" avec plein de questions toujours sur le même thème : le sens.

    Pourquoi faut-il trouver du sens à ce que je peins ? Si j'ai tant de mal à le faire, en ai-je vraiment besoin pour avancer ? Le chercher n'est-il pas le meilleur moyen de ne pas le trouver ? Une chose est sûre : le sens existe et je me sens (!) tel Indiana Jones avec pour fouet mes pinceaux, à la recherche du sens non pas perdu mais profondément enfoui quelque part en moi. Même si cette quête existe depuis plusieurs années, je continue à m'accrocher car je sais qu'au bout il y a une délivrance, un mieux-être.

    Question subsidaire : qu'est-ce qui me permet de tenir la distance, qui me fait persévérer ? Probablement le temps, la patience et l'espace. Quelle chance de disposer des 3 en même temps. Je n'ai pas souvenir d'avoir vécu cette situation dans ma vie en entreprise, où le temps est le plus souvent compté, où la patience est mise à rude épreuve lorsqu'elle n'existe pas chez les clients, les donneurs d'ordre et les banques, et où l'espace disponible permet rarement la réflexion et la prise de recul.

    Ma préoccupation de l'été sera de définir le thème de ma prochaine exposition, prévue à Boulogne-Billancourt du 29 octobre au 16 décembre (6 semaines !). La diversité de ma production rend cette recherche peu évidente. Cette expo doit avoir un sens que je ne perçois pas encore. Je le soupçonne d'être devant moi sans que je le voie tout simplement parce que je ne regarde pas où il faut. Je compte bien utiliser les 3 ressources citées plus haut pour le faire apparaître.

    Je vous souhaite un été ressourçant et épanouissant !

  • Du blog au site...

    Plusieurs visiteurs du site m'ont fait part de leurs commentaires et suggestions.

    Je teste actuellement une nouvelle présentation. Selon vous, cette version stimule-t-elle l'intérêt du visiteur et permet-elle une navigation fluide ? Vos commentaires seront un guide précieux...

    Des lecteurs de l'ancien blog ont souhaité pouvoir continuer à y accéder via les rubriques des articles ; c'est désormais possible en cliquant sur les catégories ci-dessous :

    Ce billet restera accessible en cliquant sur le lien "Accéder à l'ancien blog" dans la rubrique "Blog" du menu à gauche de l'écran.

    Bonne semaine !

  • Tout simplement extraordinaire !

     

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    Kaa et l'orchidée       -       Acrylique sur papier spécial       -       21 x 30       -       2014

     

    A deux reprises, cette semaine, un interlocuteur a évoqué à propos de mon activité le plaisir de peindre.

    Lorsque j'ai commencé à étudier la peinture, début 2011, je pense avoir ressenti cette sensation mais, je le sais maintenant, elle n'était pas liée à l'activité de peindre ; plutôt à la fierté d'arriver à un résultat inespéré à mes yeux.

    Mes professeurs ont ensuite parlé, à de nombreuses reprises, de l'importance de se laisser aller au plaisir de peindre ou de dessiner. Je l'ai trouvé, parfois, dans le dessin, très rarement dans la peinture.

    A cette période, quand on me parlait du plaisir que j'éprouvais dans ce que je faisais, j'acquiessai poliment sans aller plus loin.

    Aujourd'hui, lorsque mon interlocuteur évoque mon plaisir à peindre, j'essaye de lui expliquer, avec diplomatie, que je n'exerce pas dans ce registre. Je sens alors dans son regard une pointe d'interrogation, voire d'incompréhension, du genre : "pourtant, peindre est une activité merveilleuse et j'ai du plaisir à regarder tes œuvres, du moins nombre d'entre elles... Comment peux-tu faire de belles choses sans plaisir ?" Vaste débat !

    Alors pourquoi continuer dans ces conditions ? Qu'est-ce qui me fait poursuivre dans cette voie ?

    Je trouve dans la peinture une école où j'apprends :

    - à avoir un regard critique et bienveillant sur mon travail et sur celui des autres
    - à oser et prendre des risques calculés selon que je tiens ou non à ce qui est déjà sur la toile
    - à identifier ce qui est grave et important et ce qui ne l'est pas
    - à m'exposer au regard des autres et communiquer sur ce que je fais sous peine de ne pas exister socialement
    - à être généreux à de nombreux points de vue : de temps, de matière sur la toile, de gestes dans l'exécution...
    - à assumer mes gestes et mes traits : revenir sur un geste c'est l'appauvrir, le diluer, lui enlever du sens
    - à faire dialoguer les énergies physiques et cérébrales
    - à faire des choix sur tout ce qui intervient dans une œuvre : la dimension, la composition, les couleurs, les outils, les gestes, le moment...
    - à chercher/comprendre qui je suis pour délivrer une œuvre sincère
    - à observer mes émotions et comprendre ainsi celles des autres face à la beauté, la grâce, l'harmonie... ou à leur contraire
    - à identifier d'où je viens, ce qui m'amène ici maintenant et à comprendre pourquoi l'autre, que l'on croit si proche, réagit différemment de ce que l'on attend parce qu'il a une histoire que l'on ne connaît pas...

    Vous aurez compris que la liste n'est pas exhaustive.

    Quand une activité vous amène à tout cela en même temps c'est tout simplement extraordinaire ! Chacun a en lui un laboratoire d'expériences pour vivre mieux avec lui-même et avec les autres. C'est pour cela que je persévère et si je ne trouve pas souvent de plaisir en peignant, le champ des découvertes est tel que si le plaisir vient, c'est tant mieux et s'il ne vient pas, ce n'est pas grave car j'en éprouve en bien d'autres occasions.

  • Dis-moi pourquoi...

    Feu de foret

    Feu de forêt      -       Acrylique sur carton toilé       -       33 x 22 (P4)       -       2014

    Ça doit être le soleil... L'envie de peindre revient, et aussi celle de bouger tout simplement. Après la période "paysages" à l'aquarelle, motivée par le livret sur Paris, mon inspiration va plus sur l'abstrait.

    La toile ci-dessus, se situe entre les deux et représente pour moi un condensé de mon processus de création.

    Ça commence par un support, souvent déjà recouvert par des tentatives laissées de côté pendant plusieurs semaines, parfois plusieurs mois. Je garde tout : toiles, papier, cartons, qu'ils soient vierges ou déjà recouverts de couleur. Au début, c'était uniquement par soucis de "ne pas gâcher" ; maintenant, c'est aussi parce que cela construit l'histoire d'une réalisation.

    Ça continue par des couleurs et des gestes qui viennent se conjuguer, la plupart du temps sans intention, guidés par le besoin / l'envie de créer. Cela m'amène sur un chemin graphique ou pictural que je décide ou non de suivre. La première épreuve est rarement bonne à mon goût et il faut en général entre 3 et 10 moutures pour que le résultat se retrouve à la maison, sur le meuble où je mets en évidence ce qui me paraît présentable.

    Placé à cet endroit stratégique, j'espère qu'il sera remarqué par mon entourage dont j'attends les commentaires. Au début, mes spectateurs ne savaient trop quoi dire lorsqu'ils n'aimaient pas, de peur de me vexer ou de me décourager, se retranchant derrière un "je ne suis pas une bonne référence parce que je n'y connais rien". Aujourd'hui, non seulement je prends "bien" toutes les critiques, mais j'accorde autant d'importance à celles venant de personnes qui (selon elles)  "n'y connaissent rien" qu'à celles émanant d'artistes professionnels.

    Si ces dernier(e)s savent me dire pourquoi ils/elles sont ou non touché(e)s par ce que je leur montre, il est beaucoup plus difficile pour un néophyte de l'exprimer. Il dira que ça lui plaît, que c'est joli, superbe, bien fait, ou restera muet, n'osant dire que ça ne lui plaît pas ou qu'il trouve ça laid, moche ou mal réalisé.

    Il est difficile pour l'artiste de se remettre en question avec des critiques aussi globales, qu'elle soient positives ou négatives. Il a envie de savoir ce que le spectateur trouve ou ne trouve pas dans son œuvre et/ou ce qu'elle provoque en lui.

    Alors, cher spectateur, n'hésite jamais à poster un commentaire, dès lors qu'il est sincère et bienveillant (= qui n'est pas destiné à faire du mal). Si tu peux exprimer ce qui te plaît/déplaît, pourquoi tu es touché ou pas, tu m'aideras vraiment dans ma démarche.