Articles 2016

Articles publiés en 2016

  • Eloge du "n'importe quoi" : première expérience

    Fuego

    Mon premier geste coloré : Fuego - Gouache sur papier spécial - 21x30 - sept 2012

    Dans mon article "Je veux vivre autrement", j'ai écrit que l'idée de faire de la peinture mon activité principale avait germé après avoir pris conscience que je pouvais l'exercer sans gravité ni urgence et que je pouvais dire "non". Tout le contraire de ce que j'avais vécu professionnellement jusqu'ici.

    J'avais alors décidé d'apprendre à peindre et dessiner. Pendant 2 ans, j'ai pris 15 à 25 heures de cours par semaines pour découvrir les techniques de peinture (gouache, huile, aquarelle, acrylique...) et de dessin (crayon, feutre, encre de chine, dessin d'après modèle, d'après photo, sur le vif...).

    Je suis passé par d'innombrables phases allant de l'excitation de la réussite (souvent celle du débutant) au découragement du "je n'y arriverai jamais !". En plus des cours, je dessinais ou peignais presque quotidiennement, mes carnets en témoignent. Et puis, un jour, j'ai été pris d'une pulsion incontrôlée ; j'ai eu envie de m'affranchir des codes de ce que je sentais devoir être maîtrisé. J'ai décidé de faire "n'importe quoi", tel le gamin qui se rebelle contre le "fais pas ci, fais pas ça !" ou un ado qui en a ras-le-bol des règles établies et qui décide de se lâcher.

    C'est ce que j'ai fait. J'ai pris du papier coloré, des tubes de gouache et un couteau à peindre. J'ai posé des gouttes de couleur sur le papier et, avec le couteau, j'ai fait des gestes incontrôlés sur les taches colorées. Ainsi est né mon premier "geste coloré". J'avais fait "n'importe quoi" et ça m'avait fait du bien... mais je l'ai gardé pour moi, je n'en ai parlé à personne, je ne l'ai pas montré.

    Ça a donné "Fuego". C'était en septembre 2012, et cette date marque ma première expérience consciente de création.

  • Jamais où on l'attend...

    Emergence 42715 48

    Emergence 42715,48 - Acrylique sur bois - 27,2x39,3 - 2016

    Dimanche 11 décembre 2016. 11h24

    Depuis une heure, j’écris. Mon atelier était il y a encore quelques heures dans un désordre vivable mais dans lequel je ne trouvais plus ma place.

    Le bureau est désormais visible, éclairci par le rangement d’outils et pinceaux, de papiers administratifs et de chiffons colorés par l’acrylique essuyée sur les couteaux à peindre. J’ai rassemblé des feuilles, cartons toilés et morceaux de bois sur lesquels des bases de travail de gestes colorés attirent mon regard.

    J’ai pu ensuite m’installer, poser mon ordi, mettre de la musique. Elle passe sans transition de la country à la techno. Le son, les harmonies que je comprends rendent ma réflexion plus légère, comme un ballon d’hélium qui me maintient au-dessus d’un trou noir absorbeur d’énergie et de lumière.

    Mon siège de bureau est un peu haut, rendant ma position d’écriture inconfortable. Je me penche sur le côté, baisse ma main vers la colonne qui soutient l’assise et actionne le levier qui permet au siège de s’abaisser dans un court et léger chuintement.

    Et là, avec cette nouvelle position, en levant les yeux, je la vois ! Elle m’attendait sagement depuis plusieurs mois sans que je comprenne qu’elle existait pour être vue. Ma palette, posée verticalement sur le plateau du bureau et contre le mur me parlait en me disant : « Je suis une œuvre ! tu as posé tes couleurs sur moi, tu les as étalées avec ton pinceau ou ton couteau sans chercher à produire quoique ce soit. Sans le savoir, sans le vouloir, tu m'as créée ! ».

    La création n’est pas où je l’attendais. Une fois encore, je suis surpris et l’inattendu me remplit de joie.

  • Soprano m'a fait comprendre...

    Derniere minute

    Dernière minute - Acrylique sur toile - 116x89 - 2016

    Soprano : un nom que j’avais déjà entendu sans savoir précisément qui le portait. Je l’ai écouté lors d'une interview télévisée et ce qu’il a dit m’a profondément touché.

    En 2004, Soprano est rappeur et traverse une passe difficile. Alors qu’il doit se produire le soir même pour un concert, cela fait 2 jours que ses amis le recherchent. Appels téléphoniques, messages, visite des hôpitaux et des commissariats… Soprano est introuvable.

    Seul, enfermé dans sa voiture, en pleine dépression, des pensées sombres l’habitent. Lorsqu’il décide de répondre au téléphone, il confie son mal-être et dit à son interlocuteur qu’il va peut-être faire une « connerie ». Finalement, il accepte de rejoindre ses amis, monte sur scène et commence à rapper. Le public le happe véritablement, reprenant les paroles de ses chansons. L’amour que lui envoie le public lui fait prendre conscience qu’il a beaucoup mieux à vivre que de se regarder le nombril et s’apitoyer sur sa personne déprimée. Soprano comprend qu’il est bien ici et maintenant, sur scène, et que c’est dans le partage avec le public qu’il ressent du plaisir.

    Si je ne me sens pas le moins du monde en état dépressif, la question « où est-ce que je me sens bien ? » se pose régulièrement. Et l’expo qui s’est terminée la semaine dernière m’a apporté une réponse : ma scène à moi, c’est la galerie ! Tel le chanteur en performance, je me suis senti à ma place en recevant les visiteurs, en répondant à leurs questions, en observant leurs réactions, en choisissant la posture qui me semblait appropriée à l’instant présent…

    En passant 8h chaque jour dans la galerie, j’ai vécu de multiples situations parmi lesquelles une journée sans une visite, un visiteur qui n’osait pas entrer et que j’ai incité par un geste et un sourire, un autre qui m’a fait peur en entrant (jean troué et une bouteille à la main) et qui s’est révélé sympa comme tout (c’était Halloween et il était déguisé), un avec qui j’ai passé une heure et un autre qui ne m’a pas adressé la parole, ou encore celui-ci qui, en quelques mots, a exprimé un ressenti qui m’a profondément touché (comment a-t’il pu voir tant de choses sur moi en regardant juste quelques toiles^^).

    En comparaison avec les précédentes expositions, celle-ci a été différente. Tel Soprano prenant conscience sur scène de son rapport au public et de l’amour qu’il lui renvoie, j’ai compris à quel point la galerie est l’endroit privilégié pour que je sente l’énergie que me renvoient les spectateurs de mes toiles.

  • The Vernissage Experience

    20161030 195859

    Exposition "Grand ou petit..." au Laboratoire d'Exposition - 13 rue de l'Echiquier, Paris 10è

    Lundi 31 octobre : ce soir, c'est Halloween. Demain, c'est férié. En ce moment, ce sont les vacances scolaires... Plein de raisons pour que les gens viennent au vernissage, qui sont autant de raisons pour qu'ils soient absents. C'est une fois le vernissage terminé qu'on saura si le verre aura été à moitié plein ou à moitié vide.

    Généralement, le côté "à moitié plein" c'est avoir du monde. Parfois c'est en avoir trop, avec les vernissages où le visiteur qui pousse la porte de la galerie hésite un instant avant de poursuivre, le temps de faire monter d'un cran son niveau de tolérance au bruit et à la promiscuité. Une fois engouffré dans la foule, il se sent empêtré dans ce manteau qu'il n'aurait pas dû prendre mais qui est autant un empêcheur d'avancer qu'une protection contre ceux qui essaient, comme lui, de se frayer un chemin. Deux rangées de personnes discutent et protègent l'accès à l'endroit sans lequel un vernissage manque de saveur : le bar. Il faut jouer des épaules pour y accéder de profil et tenter d'attirer l'attention pour obtenir un verre. Une fois le Graal obtenu, le visiteur tente de faire un signe à l'artiste qui l'a invité, très entouré(e) et occupé(e) à écouter ou à parler. Chacun attend son tour pour lui dire combien cette expo est formidable et les œuvres inspirées. Il parcourt la galerie sans pouvoir prendre ni le temps ni la distance nécessaires pour créer le dialogue avec les œuvres. Un peu plus tard, il pose son verre où il peut, constate que le livre d'or est inaccessible et prend congé de son hôte en décidant de revenir plus tard, au calme.

    Le verre "à moitié vide" c'est n'avoir personne ou presque. Une heure après l'ouverture, un ou deux visiteurs sont passés, sans même se rencontrer ("je ne peux pas rester longtemps, j'ai du monde à la maison ce soir"). Une discussion peut durer sans risquer d'être interrompue. Avec la famille et les amis, elle tourne plutôt autour de la famille, du boulot, du quotidien. L'amateur d'art pourra prendre tout le temps et la distance pour apprécier les œuvres et en parler avec l'artiste. En fait, la seule différence avec un jour d'exposition ordinaire, ce sont les cacahuètes et les boissons qui restent et dont l'artiste se nourrira pendant une semaine.

    Hier soir, c'était pile au milieu, sur la ligne de séparation entre plein et vide. Suffisamment de monde pour faire honneur au bar, discuter avec chacun des (3) artistes et remplir les livres d'or. Et pas trop non plus, permettant ainsi à chacun de profiter, sans être gêné, des 50 œuvres dans les différents espaces qu'offre la galerie. Il devait être 20h15 lorsqu'un être bizarre a poussé la porte de la galerie, coiffé d'un chapeau dont dépassaient des dreadlocks, vêtu d'une veste en cuir et d'un jean déchiré, une bouteille à la main. J'avais oublié que c'était Halloween et c'était Jack Sparrow qui faisait son entrée.

  • Ça, on ne l'apprend pas à l'école

    Tissayoxa 12

    Tissayoxa 12 - Acrylique sur carton toilé - 20x20 - 2016

    Tout comme le jeune agriculteur sorti de formation, le jeune artiste se trouve confronté à la vie réelle.

    Le premier sera soumis au rythme de la nature et le second au aléas de sa créativité. Mais l'un et l'autre sont soumis au rythme de LA création "tout court".

    Le jeune agriculteur sait que de la façon dont il prendra soin de la terre dépendra la qualité de sa récolte. S’il plante trop tôt ou trop tard, s’il ne traite pas avec les produits appropriés ou s’il récolte au mauvais moment, il n’aura pas de beaux fruits. Ce n’est pas lui qui crée les fruits. C’est la terre qu’il aura cultivée, nourrie, laissée reposer. Il sait ce qu’il plante, mais n’a aucune certitude sur le produit de la récolte. Et les obstacles potentiels sont nombreux : le gel précoce ou tardif, la sécheresse, le grêle, les inondations…

    Heureusement, l’école l’a préparé à tout cela. Il dispose de recettes, d’outils et de produits que la science et, surtout, des siècles d’expériences de ses ancêtres ont élaborés pour limiter, tant que possible, l’impact des catastrophes et maximiser le rendement. C’est ensuite par sa connaissance des cycles naturels de l’exploitation et le choix des produits que l’agriculteur donnera (ou pas) à sa production un caractère unique, reconnaissable.

    Pour l’artiste, pas d’école pour lui apprendre les saisons et les cycles de la création. Comme ses prédécesseurs, il devra tout découvrir par lui-même. Il faut dire que la terre qu’il doit cultiver n’est pas visible : elle est intérieure, ne se voit pas et ne se décrit pas. Le fruit, c’est l’œuvre, et ce n’est pas l’artiste mais la terre artistique qui le produit.

    Dans mon article « A quoi fonctionne mon moteur », publié en mai 2015, j’évoquais un reportage qui m’avait marqué, dans lequel j’avais vu le duo Souchon/Voulzy se balader en forêt et préciser que ça leur était indispensable pour renouveler leur énergie créatrice. Et j’ajoutais : « leur travail, c’est ça !».  Je l’avais perçu mais pas intégré. Aujourd’hui, je l’ai compris. Il aura fallu 18 mois pour que la graine plantée en voyant le reportage produise le fruit de ma prise de conscience : l’œuvre ne sera puissante que si j’ai pris soin de la terre qui la fera naître.

    Ce n’est pas en peignant des toiles que j’ai engendré cette compréhension ; c’est en me questionnant, en retournant dans ma tête mes certitudes et mes doutes tel le jardinier qui bêche. Si je le fais, au moment où ma terre artistique en a besoin, les fruits viendront d’eux-mêmes. Et ça, on ne l’apprend pas à l’école…

  • Anecdotes arthistoriques

     

    Celeste 2

    Celeste 2 - Acrylique sur toile - 40x40 - 2014

    Un ami m'a récemment fait connaître un site qui mérite le détour.

    En s'abonnant à Artips, le visiteur recevra 3 fois par semaine dans sa boîte aux lettres un mail relatant une anecdote sur l'art et son histoire (la petite comme la grande). La peinture a la part belle mais les autres disciplines ne sont pas en reste.

    Chaque message permet au lecteur de découvrir ainsi l'origine d'un style de mobilier, un personnage étonnants, des détails invisibles sur une toile pour le non initié, le décryptage d'une époque à travers une œuvre...

    Ça demande 1 minute à lire, c'est parfois drôle et toujours intéressant et bien documenté avec la caution d'un professeur d'histoire de l'art.

    A consommer sans modération !

    lundi 09 juin 2014 11:19

  • Chasseur de toiles

    Retour de flamme

    Retour de flamme - Acrylique sur carton toilé - 70x50 - 2016

    J'ai appris à patienter. Il y a quelques mois, je scannais en permanence mon envie de peindre, guettant parfois fébrilement l'étincelle qui allait me faire bondir dans mon atelier, saisir mes pinceaux, mes pots et mes couteaux et être, enfin, dans l'action.

    Après des mois de scan, mon radar m'avait le plus souvent renvoyé l'image d'un écran vide. Soit ! J'ai aussi accepté que l'action se fasse dans la tête. Ce fut d'ailleurs l'objet d'une discussion avec un ami qui trouve que l'action se fait plutôt les pinceaux à la main et la couleur posée sur la toile. Vaste débat...

    Ceux qui me suivent se sont rendu compte que j'explorais ces derniers temps des gestes différents, au grand dam de certains qui regrettaient que je sois sorti du "geste coloré". Qu'ils soient rassurés : "Retour de flamme" revient aux sources : je m'apprêtais à sortir faire une course, manteau et sac sur le dos et j'ai sentis que "c'était maintenant" ! Adieu les courses, bonjour atelier, pinceaux et couleurs.

    Cette toile est le fruit de semaines de patience. J'ai la sensation de l'avoir débusquée, d'avoir saisi le moment où elle sortait pour la cristalliser. N'est-ce pas ce que fait le photographe animalier quand il prend un cliché de son sujet après l'avoir traqué des semaines durant ? Il a trouvé les bons endroits et les bons moments pour obtenir ce qu'il voulait. Parfois, c'est encore mieux car il obtient une scène inattendue. On parle de "chasseurs d'images". Et si j'étais un "chasseur de toiles"...?

  • Le sens, l'envie et l'action

    Snowpiercer

    Snowpiercer - Acrylique sur papier - 24x32 - 2016

    L'une de mes professeures a fait du dessin un mode de vie. Son entourage est prévenu : lors d'une balade en famille, elle s'arrête parfois sans prévenir pour croquer une ambiance ou mettre sur le papier une sensation. Elle dessine comme on chante, dans les embouteillages, sur son canapé, au bord d'un chemin. Le sujet est toujours immédiatement accessible : des rochers et des mouettes, un enfant qui dort, une rue passante, des poteaux et fils électriques qui s'entrecroisent... Tout est bon et tout est si bien rendu ! Transposé à moi, je voyais dans ce type d'exercice un moyen d'améliorer ma technique et me disais que je devais absolument pratiquer quotidiennement.

    J'ai commencé à le faire avec, cependant, un problème : quel sujet prendre ? La recherche du sujet prenait le pas sur l'action car, le plus souvent, je n'en trouvais pas de suffisamment motivant pour dessiner ou peindre avec joie. L'exercice devenait laborieux et je n'ai pu tenir le rythme longtemps. Etait-ce donc ça le "travail" (car il faut bien travailler) quand on est artiste ou qu'on tente de le devenir ?

    Que font-ils ceux qui restent des heures dans leur atelier ? Comment a fait l'artiste pour créer une toile que je trouve si belle ? S'est-il exercé longtemps avant d'y arriver ? Combien de temps me faudra-t'il pour approcher ce niveau d'excellence vu mon peu d'entrain à l'exercice quotidien ?

    Ces questions, je me les posais eu égard à la vision du travail que j'avais en entreprise : plus tu bosses, plus tu as de résultats et plus tu réussis, ce qui est une vision assez égocentrique des choses. Aujourd'hui, je ne me les pose plus. Ou du moins je n'attend plus de réponses. Ce cheminement m'a fait comprendre que c'est le sens de l'action et non la qualité du résultat qui apporte la joie. Pas celle qui fait rigoler à tue-tête, mais plutôt celle qui, telle un phare, illumine et attire. C'est ce que recherche l'artiste.

    Le sens que j'évoque n'est pas cette abstraction grandiose et noble qui chapeaute l'ensemble d'une vie ou d'une œuvre. Il se rapproche du besoin ou de l'envie en répondant spontanément à la question : "pourquoi je fais ça maintenant" ? Si la réponse de l'artiste est spontanée et commence avec "parce que j'ai besoin/envie...", il ne travaille pas ; il avance, libre de questions existentielles, sur le chemin de la création.

  • 5 ans d'histoires !

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    En septembre 2016, mon blog a 5 ans et presque 250 articles.

    Après avoir quitté brutalement en 2010 une entreprise multinationale dans laquelle j’étais chef de projet, j’ai décidé, fin 2011, de poursuivre ma vie en tant qu’artiste-peintre. Je « n’y connaissais rien », selon une expression que j’entends souvent, mais j’ai choisi de changer radicalement de vie et d’activité professionnelle.

    J’ai créé ce blog pour permettre à mes proches, parfois inquiets de ce virage vers un domaine nouveau pour moi, de suivre mon parcours et de partager avec moi les joies, les doutes, les difficultés et les découvertes auxquels ce choix de vie me conduisait.

    Je me suis efforcé de faire des articles courts aux thèmes évocateurs et concrets pour qui a la curiosité de savoir ce qui se passe dans la tête d’un nouveau venu à l’Art et qui entre de plain-pied dans cet univers sur lequel les non-initiés se font des idées et parfois des fantasmes

    En septembre 2011, j'avais en tête d'apprendre à dessiner et à peindre. Pendant 2 ans, j'ai pratiqué le dessin et la peinture en atelier pendant 15 à 25h par semaine. A force de travail et de réflexions, j'ai tenté des expériences qui m'ont amenées à réaliser ce que j'appelle des "gestes colorés". Cette transition a été essentielle en me faisant passer du figuratif à l'abstrait, de la copie/représentation à la création, du rythme d'un apprenti à celui d'un créateur.

    Il y a 5 ans, je m'imaginais faire des copies de tableau de maîtres et des portraits à la demande. Si j'ai un peu d'expérience dans ces 2 domaines, ce n'est pas là que je trouve mon épanouissement qui passe aujourd’hui par la couleur et le geste spontané.

    Fin août 2016, ce blog a reçu depuis sa création plus de 26.000 visiteurs dont 14.000 sur les 8 premiers mois de 2016. Il est devenu un lien avec des lecteurs dont la fidélité et les commentaires sont un encouragement à poursuivre.

  • Like ou pas Like : quelle importance ?

    TameraiTamerai - Acrylique sur toile - 100x100 - 2016

    Qu'il soit présent sur Facebook, Linkedin, Artquid, Instagram, Twitter ou un blog, le jeune artiste qui publie un article ou poste une image espère une réaction sous la forme de commentaire, de "like", de pouce levé, de "coup de cœur", de partage ou de nouvel abonnement. Il fut un temps où j'attendais le commentaire comme un amoureux attendait autrefois fébrilement le facteur.

    Après mes premières publications sur Artblog (plateforme aujourd'hui disparue), je me souviens de mes déceptions de ne voir aucune réaction à mes articles alors que d'autres multipliaient les likes et commentaires avec une simple photo de chatons. Et puis je me suis rendu compte que 95% des commentaires étaient davantage une manifestation d'affection ou d'appartenance à un groupe et ne servaient qu'à dire "je suis là !", quelque soit la nature ou le contenu de la publication. Si j'avais peu de commentaires, au moins ne se limitaient-ils pas à un seul mot (super, bravo, bisou...) et me faisaient-ils découvrir un regard sur mon article. J'ai compris que n'avoir aucun commentaire ou "j'aime" ne signifie pas que le travail n'est pas bon.

    Aujourd'hui, je ne suis plus, comme au début, affecté par l'absence de réaction à mes publications. Bien sûr, un commentaire ou un like restent des boosters mais ils sont surtout des indicateurs de pertinence qui m'amènent à chercher ce qui a suscité ou non l'intérêt.

    C'est aussi une question de maturité. L'Art, c'est la vie, celle qu'on vit tous les jours. Quand on est "petit", enfant ou élève, on a besoin d'encouragements, de soutien. C'est un élément important du développement et de l'apprentissage de la confiance. Au fil des années, celle-ci vient (ou pas), on donne un sens à sa vie (ou pas), on devient autonome (ou pas), on (ré)agit au lieu de rester passif... Chacun devient mature à son rythme. Certains le sont à 15 ans, d'autres à 70 ans ou jamais...

    Je ressens la même chose avec l'Art. Bébé artiste a besoin d'être stimulé, encouragé ; l'artiste mature, lui, sait qui il est et le sens de son action. Puis, avec l'apprentissage et l'acceptation de la solitude, il n'a plus (en tous cas il a moins) besoin de "likes" et de commentaires pour avoir une preuve de son existence. Après avoir compris son rapport à lui-même, il peut davantage se consacrer au rapport à l'autre.

     

  • L'industrie a tout piqué !

     

    Un contact sur Facebook a partagé une vidéo de Bernard Stiegler, philisophe, sur le thème "A quoi sert l'Art ?". Ça tombe pile dans mes préoccupations et interrogations sur le sens de l'Art... et de ce que je fais, de ce que je suis en tant qu'artiste et à quoi je sers dans la société.

    J'ai écouté avec concentration ces réflexions où chaque mot est pesé. C'est dense et ça balaye beaucoup de notions essentielles pour l'artiste et pour l'homme, être social et pensant.

    Cette vidéo date de janvier 2003, quelques mois après le 21 avril 2002 et un premier tour des élections présidentielles qui a marqué les mémoires. 13 ans après, elle n'a rien perdu de son actualité et l'analyse que Bernard Stiegler donne sur le sens et la portée de l'Art apporte un éclairage utile sur la montée de la violence et des intégrisme.

    Je retiens en particulier ce propos sur l'estime de soi : "si l'on est privé d'estime de soi et de constitution de l'ego, il ne reste que la folie"..."L'exploitation industrielle de l'esthétique, la privation des consommateurs du droit (du devoir) de définir ce qu'ils aiment, parce que l'industrie a tout piqué .../... conduit à la fabrication en série de criminels .../... parce qu'ils préfèrent mourir que vivre comme ça !".

    Quel est votre avis sur ces propos ? Y souscrivez-vous ?

  • (Res)Sentant de solitude

    Onirik 1Onirik 1 - Acrylique sur carton toilé - 50x70 - 2016

    Mes lectures m'amènent régulièrement à des passages ou citations de Carl Gustav Jung (1875-1961), médecin psychiatre suisse et penseur influent.

    J'y reviens périodiquement pour mettre des mots sur ce que je ressens comme, aujourd'hui, la solitude de l'artiste. Je me souviens avoir perçu sa présence un jour de juillet 2012, prenant conscience qu'elle ferait désormais partie de ma vie mais pas sous la forme que j'imaginais et sans que je puisse définir précisément mon ressenti.

    J'ai retrouvé dans un passage d'un livre de Jung ("Ma vie"), ce que j'en perçois :

    "...je sais et dois mentionner des choses que les autres, à ce qu'il semble, ne connaissent pas ou ne veulent pas connaître. La solitude ne naît point de ce que l'on n'est pas entouré d'êtres, mais bien plus de ce que l'on ne peut leur communiquer les choses qui vous paraissent importantes, ou de ce que l'on trouve valables des pensées qui semblent improbables aux autres. ...Quand un homme en sait plus long que les autres, il devient solitaire. Mais la solitude n'est pas nécessairement en opposition à la communauté, car nul ne ressent plus profondément la communauté que le solitaire ; et la communauté ne fleurit que là où chacun se rappelle sa nature et ne s'identifie pas aux autres."

    Le jeune artiste cherche des repères et ne peut compter que sur lui-même pour les trouver. Ses rencontres, ses réflexions sur ce qu'il vit lui apportent des références qui l'amèneront, peut-être, à de nouveaux repères. De par sa fonction, l'artiste dispose d'une collection unique de repères qui le rend identifiable et différent.

    Les occasions de partage sur ce type de sujets sont rares et c'est presque une délivrance - et toujours une joie profonde - que de pouvoir les évoquer lors d'une conversation en sentant que l'autre sait, exactement, par quoi et par où passe votre réflexion. Dans ces moments là, on peut livrer en toute confiance une confession intime à un inconnu qui est tout sauf un étranger.

    Je trouve que cette solitude, indispensable au développement de l'artiste mais parfois un peu lourde à porter, ressemble à la compagne évoquée par Georges Moustaki dans "Ma solitude".

  • Art et sport engagé : mêmes repères !

     

    Hakochi 6

    Hakochi 6 - Acrylique sur papier - 24x32 - 2016

    Artistiquement parlant, le jeune artiste qui reste dans sa bulle peut s'enfermer dans ses croyances et ses illusions ; sur ce que le public attend, sur la façon dont il est perçu, sur ce que sont l'Art et la posture artistique, sur ce qu'il faut faire pour se présenter en tant qu'artiste et tenter de vivre de ses œuvres... et beaucoup d'autres sujets.

    En fréquentant le collectif auquel je me suis associé, mes croyances sont mises à rude épreuve, et c'est tant mieux !

    Je vis le même type d'expérience que lorsque j'ai appris l'escalade ou la plongée sous-marine. En escalade, j'ai compris que l'épuisement venait rapidement à force de "tirer sur les bras" pour aller vers le haut; S'il est utile "d'avoir des bras" en certaines circonstances, utiliser ses jambes, dès qu'on le peut, pour se propulser, est beaucoup plus efficace pour préserver son énergie et son équilibre. En plongée, le débutant a besoin de lest pour l'aider à descendre dans le bleu. Au fil des plongées, il comprendra qu'en jouant avec le volume de sa cage thoracique il gagnera en agilité, dépensera moins d'énergie pour se mouvoir, utilisera ainsi moins d'oxygène ce qui lui permettra de rester plus longtemps au fond pour son plaisir.

    Maintenant qu'il le sait, le pratiquant inexpérimenté trouve que c'est évident. Pourtant, prisonnier de ce qu'il croyait vrai et juste, il a eu a besoin qu'on lui démontre son erreur pour avoir accès à une nouvelle façon d'être et d'entreprendre pour franchir les obstacles.

    Ces leçons, je les ai apprises de mes professeurs, de mes partages et de mes lectures, pour ensuite les mettre en pratique sur le terrain et les transformer en expériences. Ainsi en est-il de ce que je vis actuellement avec l'Art. Je valide petit à petit ce que je pressens intuitivement : l'Art, c'est la vie ! Il s'intègre dans mon existence par des repères que je connais, notamment par mes pratiques sportives. Cela concerne des gestes techniques, mais aussi et surtout une façon d'être et d'aborder les situations.

  • Rébellion, action, réaction !

    2548Réaction - Acrylique sur carton toilé - 50x70 - 2016

    Il souffle comme un vent de rebellion contre l'ordre établi. Les grévistes, les manifestants, les zadistes... et moi ont un point commun : ils agissent, chacun à leur manière pour exprimer leur réaction.

    Mon microcosme personnel est en effet sujet à chamboulement. Je me sens bloqué depuis plusieurs semaines, incapable de produire une nouvelle toile. Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive mais cette fois-ci, je ressens quelque chose de différent. Précédemment, je devais retrouver un peu de fraîcheur, le plus souvent à l'issue d'une période créative. Là, je ressens une certaine lassitude à devoir faire un geste coloré de plus.

    Au moment où cette sensation devient insupportable, je me rends à l'évidence que la solution est d'agir : je me suis mis en tête, voici quelques mois, que l'Abstraction Lyrique était ma voie d'épanouissement. Je m'y suis retrouvé au moment où j'avais besoin de repères mais aujourd'hui, les 4 principes édictés par Georges Mathieu deviennent contraignants.

    Et si je m'accordais la liberté de faire autrement, de peindre lentement des formes existantes ? L'idée folle de faire un carré me traverse l'esprit lorsque je prends un toile vierge et que j'en peins un, puis un second, un troisième...

    La voilà ma rébellion ! L'énorme différence avec ce qui se passe dans la rue est que je suis à la fois gardien de l'ordre et rebelle. Réalisé tranquillement, le résultat de cette libération s'appelle "Réaction".

  • Le visiteur du soir

    Waleffe 2016     Waleffe le stand 2017

    18-19 juin 2016 - Deuxième exposition au Châteu de Waleffe

    18h30 : fin de journée pour l'exposition à laquelle je participe au (superbe) Château de Waleffe, en Belgique. Je me suis absenté de l'emplacement de mes toiles pour emmener quelque chose à la voiture. C'est l'heure à laquelle plus rien n'arrive... ERREUR !

    Comme en 2015, j’ai été sollicité pour exposer dans le cadre de "Waleffe en fête", les 18 et 19 juin.

    L’année dernière, c’était la première fois que je tenais un stand pour présenter mes œuvres. Le premier jour, j’avais mis en avant mes aquarelles, pensant qu’elles correspondraient plus au public, mes gestes colorés étant mis en arrière-plan. Le second jour, l’ordre était inversé car j’avais constaté que les visiteurs s’intéressaient plus aux gestes colorés qu’aux aquarelles. Le regard du public m'avait fait prendre conscience que ce qui touche n'est pas forcément ce qui est beau mais ce qui émane sincèrement de l'artiste.

    Cette année, j’ai exposé des créations abstraites de formats moyens (50x70) et petits (20x20). Il est donc 18h30 et j'apprends qu'un visiteur demande à me voir. Un homme d'une trentaine d'années souhaite en savoir plus sur ma technique, ma démarche et les prix de mes toiles.

    Au cours de la discussion, il me demande si je peins depuis longtemps mes gestes colorés. Je lui réponds que c'est relativement récent, les premiers datant de fin 2013. Et là, à ma grande surprise, il me dit que ça se voit. En 1/4 de seconde je me dis que c'est génial parce qu'il va me dire pourquoi et comment il perçoit la jeunesse de ma pratique, et que je vais comprendre comment progresser. Mais tout cela est beaucoup plus subtil...

    Je m'attends à ce qu'il parle "technique" mais il évoque l'enthousiasme, l'énergie et la fougue qu'il observe souvent chez le jeune artiste et, en l'occurence, dans mes toiles. Avec la maturité, l'enthousiasme est parfois moins perceptible avec la présence d'une plus grande intensité et plus de profondeur, significatifs du recul pris par l'artiste.

    A l'écouter, je repartirai de cette expo à Waleffe avec une nouvelle leçon artistique. Un enfant "vivant" est spontané, vif, parfois exubérant. Avec l'expérience, la société lui enseigne la mesure, la retenue, le calcul. L'artiste a, lui aussi, ses âges. Le jeune créateur croit que le monde n'attend que lui et met avec enthousiasme toute son énergie à tenter de le convaincre. Lorqu'il comprend à quel point sa situation est complexe et précaire, l'artiste en maturité observe davantage. Il prend du recul et son œuvre s'en trouve forcément impactée. Il en est qui savent lire cela dans le travail d'un artiste, comme on sait reconnaître une attitude enfantine, adolescente ou adulte.

    Comme dans la vie tout court, chaque âge est incontournable pour l'artiste. Une œuvre n'est pas plus ou moins belle qu'une autre ; elle est significative du stade où il se trouve. L'Art, c'est la vie !

  • Je perçois la fin

    Essethe 1

    Essethé 1 - Acrylique sur papier - 21x30 - 2016

    J'ai rencontré récemment une artiste peintre, Léa, lors du vernissage de son exposition. Un ami commun m'avait invité à lui rendre visite.

    Le vernissage est un moment festif pour faire connaissance avec un lieu, des œuvres, un univers mais rarement avec un artiste tant il est sollicité, le plus souvent par ses amis. Nous avons donc décidé de prendre le temps de parler un peu plus tard dans la semaine.

    Nos parcours ont des points communs, notre démarche, nos univers et nos références artistiques sont proches. Léa m'a expliqué qu'elle fait partie d'un groupe d'artistes qui se réunit régulièrement pour partager leurs expériences, discuter de questions qui les touchent et exposer dans le lieu où nous nous trouvons. Ce groupe est animé par Olivier, que Léa m'a suggéré de rencontrer compte tenu des questions que je me pose sur le sens à donner à mon activité artistique.

    Je perçois la fin d'un cycle et la nécessité d'être accompagné pour évoluer. J'ai soif d'apprendre et ma situation ne me satisfait plus car j'ai l'impression d'avoir ouvert toutes les portes qui étaient à ma portée. J'ai commencé il y a 5 ans par découvrir les aspects techniques. Il y a 18 mois j'ai compris ce qu'était la "posture" artistique et, après avoir identifié comment faire et comment être, la question du "pourquoi ?" prend la plus grande place. La réponse est en moi et, tel celui qui est parachuté la nuit dans une forêt, j'ai envie de bénéficier des services d'un guide non pas pour qu'il m'emmène sur le chemin mais pour qu'il m'aide à le trouver par moi-même.

    Rendez-vous est pris !

  • Où aller se faire voir ?

    Hakochi 1

    Hakochi 1 - Acrylique sur papier - 18.5x26.5 - 2015

    Après avoir produit, l'un des objectifs de l'artiste qui souhaite vendre est de se rendre visible : en galerie, en exposition personnelle ou collective, dans les salons, dans le cadre de concours, dans les media...

    Dans la sphère "réelle", se faire voir est un parcours du combattant incontournable, car l'acquéreur potentiel veut en général voir avant d'acheter. Dans la sphère "virtuelle", plus facilement accessible, on trouve sur internet des sites qui proposent une tribune d'excellent qualité. MyRankart en fait partie, se voulant partenaire des artistes pour les rendre visibles et accessibles aux professionnels et au grand public. Pour quelques dizaines d'euros, un artiste peut, sur une durée de 6 mois :

    - exposer jusqu'à une dizaine d'œuvres dans un salon virtuel
    - concourir pour un prix du public et un prix du jury avec, à la clé de ce dernier, des gains en euros et la possibilité d'exposer dans des galeries partenaires
    - se livrer à l'exercice de l'interview en y associant l'exposition de 10 à 15 œuvres.

    Après avoir concourru dans le cadre du 3è Salon de Peinture Abstraite (2è prix du public et parmi les 10% finalistes retenus pour le prix du jury), je participe au 4è Salon de Peinture Abstraite et livre une interview dans laquelle j'évoque mon parcours, mes influences et choix artistiques, ma démarche et la façon dont je travaille.

    Vous la retrouverez en cliquant ICI.

    Bonne lecture et bonne semaine !

  • Les vertus départementales

    Ssadeeba 2

    Ssadeeba 2 - Acrylique sur carton toilé - 50x70 - 2016

    Ce vendredi 20 mai, j'avais 200 km à parcourir pour accrocher mes 15 toiles au 6è Salon Gilles Anger de Rouxmesnil-Bouteilles (76), près de Dieppe. Au parcours plus rapide (mais plus long) par l'autoroute , je choisis celui des routes nationales et départementales. Moins de vitesse permet une concentration plus douce, une observation plus tranquille et moins ciblée de l'environnement. L'homme pressé virerait-il progressivement à l'homme tranquille ?

    Durant ce trajet, les pensées surgissent sur de multiples sujets à propos de........ à moins que ce ne soit de....... ???? Je ne me souviens plus ce matin de tous ces thèmes dont je me disais sur l'instant qu'ils seraient d'excellents sujets d'articles.

    Ma première réaction est de penser que c'est dommage car j'aurais pu remplir mon "réservoir à billets" duquel j'espère pouvoir tirer un projet d'article quand je suis en manque d'inspiration pour alimenter mon blog. Pourtant, est-ce que je ne suis pas toujours arrivé jusqu'ici à survivre sans difficulté avec un réservoir qui ne contient que 2 ou 3 titres d'articles dont je ne me rappelle même plus à quoi ils font référence ?

    Finalement ça a du sens : peu à peu, je peins comme je vis et je vis comme je peins. L'insécurité, la "peur de manquer" véhiculée par notre société de consommation, est relayée par la confiance dans ma capacité à réagir utilement, efficacement, pertinemment au moment opportun en tenant compte de ce qui importe au moment de l'action. C'est la technique du "je suis prêt, on verra bien" comparée à celle du "parer à toute éventualité, on ne sait jamais".

    Mis en œuvre de façon radicale dans notre société de consommation, vivre dans l'instant ("on verra bien") peut mener celui qui procède ainsi à la marginalité et à l'incompréhension de la part ceux qui projettent sur lui leur angoisse de vivre ainsi. Mais il est sans doute salutaire de mettre une dose d'instantanéité dans une vie où tant de choses nous renvoient à la peur du lendemain. Un subtil équilibre à trouver pour garder le contact social, qui permet le partage, tout en préservant l'insouciance libératrice qui caractérise l'homme tranquille.

  • Le Youkounkoun n'est pas la vie !

    Ssadeeba 1

    Ssadeeba 1 - Acrylique sur carton toilé - 50x70 - 2016

    Reprenons : 1 - Ce que je peins s'apparente à l'Abstraction Lyrique. 2 - Je me retrouve dans la posture définie par Georges Mathieu, son inventeur : rapidité, pas de préparation du geste, pas de référence de forme, concentration. 3 - Il résulte de cette posture qu'avant de peindre je dois me sentir prêt mentalement.

    J'envie parfois le poisson rouge à la mémoire volatile : pour lui, la découverte est systématique et permanente. Pour moi, plus je produis, plus la posture est compliquée à gérer : faire un "geste coloré" de plus n'a aucun intérêt. Comme je l'évoquais au début de mon précédent billet, j'ai besoin de me surprendre. Résultat : devant chaque nouvelle toile, je ressens la pression de faire autrement ou différemment pour produire de l'inattendu.

    Mes premiers actes devant la toile font le plus souvent appel au connu dans la façon de poser les couleurs et d'effectuer les premiers gestes. Mais ensuite, tout devient possible à condition de ne pas vouloir aboutir à un résultat précis. C'est sans doute ainsi que naissent les séries d'œuvres. Tant que le créateur navigue dans l'inconnu, il continue à explorer l'espace dans lequel il se trouve. Un jour, il comprend comment y entrer et en sortir à sa guise ; y rester n'a alors plus de sens dans la mesure où cela ne satisfait plus son esprit d'aventure, ce qui le fait vibrer.

    L'analogie avec l'auteur-compositeur-interprète est évidente : sur un nouvel album, certains titres font l'unanimité par leur originalité, leur rythme, leur couleur musicale, leur texte... et d'autres non : on a le sentiment de les avoir déjà entendus.

    Ssadeeba 1 est probablement le début d'une série qui comportera des réalisations plus ou moins surprenantes, profondes, parlantes, évocatrices. Chaque toile sera une étape, un jalon du carnet d'exploration. Se donner l'objectif de produire un "Youkounkoun" artistique à chaque fois déclenche une pression invivable. C'est se focaliser sur un résultat statique, définitif. La vie, c'est le parcours, et j'ai envie d'y évoluer avec la liberté de prendre des chemins de traverse, quitte à revenir ensuite sur la route principale.

  • Pakomdab : pour une surprise...

    PakomdabPakomdab - Acrylique sur carton - 50x70 - 2016

    L'une des conditions pour qu'une toile me convienne est qu'elle me surprenne. Dans le genre, "Pakomdab" est un exemple. Ça a commencé par un geste coloré et ça s'est terminé dans une sorte de "dripping" ou de "pouring", techniques rendues célèbres par le travail de Jackson Pollock, qui fut le premier peintre américain de l'expressionnisme abstrait à être connu du grand public.

    Ma production atypique m'a conduit à chercher des informations sur cet artiste dont certaines toiles ont défrayé la chronique il y a une dizaine d'années en atteignant aux enchères des prix dépassant parfois 100 millions d'euros.

    J'ai trouvé dans ce que j'ai lu beaucoup de points communs avec ce que je vis artistiquement. Selon Wikipedia, "Quant à expliquer le succès populaire de Pollock, cette peinture incarnait peut-être tout simplement l'idéal d'une époque, l'esprit du temps : l'acceptation de soi, la liberté transgressive et la vitesse, fluide...".

    D'autres citations sur sa façon de peindre me touchent ; l'une tient à la relation qui existe avec son tableau lorsqu'il le réalise :

    - "Quand je suis dans mon tableau, je ne suis pas conscient de ce que je fais. C'est seulement après une espèce de temps de prise de connaissance que je vois ce que j'ai voulu faire. Je n'ai pas peur d'effectuer des changements, de détruire l'image, etc., parce qu'un tableau a sa vie propre. J'essaie de la laisser émerger."

    Une autre tient à la logistique qu'il mettait en place pour peindre, dont la mienne se rapproche beaucoup :

    - "...J'ai besoin de la résistance d'une surface dure. Au sol je suis plus à l'aise. Je me sens plus proche du tableau, j'en fais davantage partie; car de cette façon, je peux marcher tout autour, travailler à partir des 4 côtés et être littéralement dans le tableau. C'est une méthode semblable à celle des peintres Indiens de l'Ouest qui travaillent sur le sable."

    On pourra dire avec raison que j'ai voulu "faire du Pollock" parce que le résultat se rapproche de la singularité de cet artiste. Et pourtant, il n'y a eu aucune volonté délibérée d'en arriver là. Sans doute mon cheminement intérieur m'a-t-il amené dans les traces de ce géant...

  • Les ingrédients incontournables

    Saltimbocca

    Saltimbocca - Acrylique sur carton toilé - 50x65 - 2016

     

    Accéder au marché de l'art ne se fait pas du jour au lendemain. Il m'aura fallu plus de 4 ans pour me sentir prêt à l'aborder.

    Au gré de mon expérience personnelle, j'ai identifié des ingrédients qui me paraissent incontournables. Pour être pris au sérieux et considéré par les professionnels, il faut :

    - des œuvres, en nombre suffisant et dans des formats variés. Cela rassure l'interlocuteur sur la capacité de l'artiste à produire et à mettre des œuvres à disposition. Une trentaine me semble être un minimum. J'en dispose à ce jour de 64

    - un public. Cela paraît évident, le marché de l'art étant le fruit de la relation qui se crée entre les œuvres et leur public. Encore faut-il pour l'artiste qu'il comprenne quel est son public et où il peut le rencontrer. Tout le reste n'est qu'intermédiaire

    - quelque chose à dire et savoir l'exprimer. Une histoire à raconter est un élément de valorisation pour l'artiste. La démarche exprimée (ce qui pousse l'artiste à créer) doit être crédible et sincère, même si un détail peut être modifié pour mieux toucher le public. L'artiste peut mettre longtemps à comprendre pourquoi il crée, et encore un peu plus de temps à se l'approprier avant de pouvoir l'exprimer et en parler. J'ai compris que je peins par goût du risque maîtrisé, par besoin d'oser pour dépasser le doute, pour la jouissance provoquée par le frisson d'adrénaline au moment d'engager mon geste de peintre

    - un outil de communication. Il doit permettre au public d'accéder au travail de l'artiste de façon simple et autonome. Mon site et mon blog sont les piliers de ma communication relayée, notamment, par les réseaux sociaux et via mes cartes de visites lors des salons

    - des interlocuteurs référents et de confiance pour progresser. Ces personnes, découvertes par l'artiste au fil de son parcours, sont des références auprès desquelles il vient se ressourcer régulièrement et demander un avis ou un conseil. Leur apport est d'autant plus précieux qu'il est donné avec bienveillance et sans complaisance. On peut ne pas suivre aveuglément les conseils mais on sait qu'ils ont toujours un fondement pertinent pour se remettre en question. Je suis riche aujourd'hui de 5 référents qui, chacun dans leur domaine, m'apportent une aide précieuse à des moments clés de mon évolution artistique

    - un réseau. C'est probablement ce qui met le plus de temps à construire car c'est la qualité de tout ce qui précède qui déclenchera l'intérêt de l'interlocuteur. Un amateur d'art, un collectionneur, un galeriste, un agent d'artistes, un organisateur de salon, un mécène, un chef d'entreprise seront touchés par l'œuvre, visiteront le media et contacteront l'artiste. Tout doit alors être prêt, au bon moment, pour provoquer la rencontre et générer, peut-être, bien plus qu'une transaction... Et si un seul ingrédient manque, sauf exception, rien n'arrivera !

  • L'artiste est-il vexé ?

    Hakochi 5Hakochi 5 - Acrylique sur papier - 21x30 - 2016

    L'œuvre illustrant mon article du 11 avril a déconcerté (au moins) deux lecteurs qui n'y retrouvaient pas l'ampleur et l'harmonie des gestes présents sur les œuvres précédentes. L'ambiance relativement sombre (faussement rendue par la photo) ne leur permettait pas non plus de retrouver les contrastes qu'ils apprécient en général dans mes "gestes colorés". Au moment où il me faisait part de son sentiment, mon interlocuteur était presque gêné de me le dire. Mais notre relation de confiance imposait qu'il le fit.

    Je conçois qu'il est délicat d'exprimer à un artiste un sentiment de rejet, d'insatisfaction ou de gêne vis à vis d'une de ses œuvres. Le spectateur imagine volontiers que l'artiste puisse en être vexé, compte tenu de l'affection de ce dernier pour le fruit de son travail, le temps - peut-être long - qu'il a pris pour le réaliser.

    Ce n'est pas toujours le cas. Au fil des expositions et des discussions avec mes collègues exposants, je constate que nous avons souvent le même type de rapport à nos œuvres. Certaines nous plaisent, d'autres moins. Parfois, l'attachement d'un artiste à son travail est tel qu'il fixe un prix très élevé, sans rapport avec celui d'œuvres comparables.

    L'artiste qui est vexé a parfois un ego surdimensionné, ce qui peut êtrele cas des génies. Il est aussi possible qu'il manque de recul sur sa pratique artistique. S'il produit des œuvres en espérant qu'elles plaisent, il ouvre la porte à la déception. Si le spectateur n'aime pas et le dit, l'artiste sera déçu/vexé. Si le spectateur n'exprime pas son sentiment, l'artiste sera dans l'ignorance ou l'illusion. Ce n'est que par la remise en question permanente de qui il est à travers ce qu'il fait que l'artiste peut progresser, avancer, évoluer.

    Le regard critique et bienveillant de ceux qui me suivent est TRES important pour moi. Je suis le premier à me rendre compte que je ne peins plus toujours comme avant. Que cela plaise ou non, je n'y peux rien. Je n'expose pas mes œuvres si je les trouve belles. Je le fais en prenant en considération des critères d'équilibre et d'harmonie au niveau des couleurs, des pleins et des vides. Dans chaque toile, il y a qui je suis au moment où je la réalise. On y voit mes doutes, mon ras-le-bol, ma joie libératrice et probablement beaucoup d'autres sentiments. Je n'en prends parfois conscience qu'à travers ce que ressentent les spectateurs... à condition qu'ils me le disent ! Ils me permettent ainsi d'y voir clair sur moi-même et d'aller plus vite à l'essentiel. Accessoirement, il y a bien longtemps que je ne ressens plus le sentiment d'être vexé...

  • Inventaire hivernal

    YomiaYomia - Acrylique sur carton toilé - 50x70 - 2016

    L'hiver a été long. Avec les quelques belles journées de la semaine passée et l'arrivée de l'heure d'été, j'ai l'impression de lever la tête de mon ordinateur après 3 mois de travail le nez sur mon écran et le sentiment qu'il ne s'est pas passé grand-chose. Dans cette situation, la meilleure des attitudes est de faire une pause pour prendre le temps d'un regard en arrière : le bilan du trimestre est loin d'être négligeable, avec notamment :

    - 12 nouvelles œuvres

    - 8.000 visiteurs et 30.000 pages vues sur mon site (contre 6.000 visiteurs 22.000 pages vues sur toute l'année 2015. Aujourd'hui, si vous tapez "Denis Fournier" sur Google, j'arrive en première position :-))

    - 8 expos et salons déjà programmés sur l'année (contre 3 seulement en 2015) et 2 autres en attente de réponse

    - un réseau de professionnels de l'art qui s'étoffe : artistes peintres et photographes, coach d'artistes, galeristes, organisateurs de salons

    - une 2ème place au Prix du Public sur le Salon auquel j'ai participé sur MyRankart.com. Et j'ai appris aujourd'hui que l'une de mes œuvres fait partie des 70 pré-sélectionnées (sur 648) pour le Prix du Jury - résultat final le 20 avril...

    Tout cela est le fruit de mes actions sur les réseaux sociaux, des 1.300 mails envoyés pour solliciter mon réseau et partager mon actualité, de la trentaine d'articles rédigés sur mon blog ou pour présenter ma candidature à des salons... mais c'est aussi le fruit de la fidélité de mon réseau, de la promotion qu'il fait de mon travail et de ses encouragements sans lesquels ma vie d'artiste serait bien solitaire.

    Autrefois, c'est à mon (ma) supérieur(e) hiérarchique que je faisais ce type de compte-rendu. Je me creusais parfois la tête pour que cet inventaire "à la Prévert" soit le plus exhaustif, le plus long et le plus positif possible. La sanction espérée était une augmentation ou une prime. Aujourd'hui, la sanction est la satisfaction de voir les efforts se traduire en résultats concrets qui montrent que j'améliore ma visibilité, objectif de mon année 2016.

    C'est un socle indispensable pour réaliser l'objectif suivant : vendre, pour tenter de (sur)vivre de mon activité artistique. On en reparle en fin d'année ;-) !

  • Visite surprise

    Olivier dassault 1Le député de l'Oise, Olivier Dassault, et Olivier Paccaud, vice-président du Conseil Départemental de l'Oise
    devant mes toiles à Beauvais

    Ma première expérience en tant qu'invité d'honneur au 10è Salon de l'Art en Mouvement des Artistes du Beauvaisi est des plus agréables.

    En premier lieu, je dispose d'un espace exceptionnel au sein du salon qui me permet d'accrocher 18 toiles, en majorité des grands formats.

    C'est fut l'opportunité, lors du discours d'inauguration, d'entendre des choses agréables sur mon parcours artistique et mon travail.

    Le député de la 1ère Circonscription de l'Oise, Olivier Dassault, a fait au Salon l'honneur de sa présence, prenant le temps de parcourir chacun des stands et de faire une sympathique allocution au cours de laquelle il a, entre autres, mis à l'honneur l'art abstrait et les artistes en général.

    Lui-même artiste photographe porté sur l'abstrait (il expose actuellement ses œuvres à Holywood), il a, pour terminer son discours, utilisé une formule que j'ai trouvé fort poétique : "La photographie est un instant qui ne reviendra pas, la peinture le fera évoluer, pourvu que l'esprit s'y intéresse encore".

  • Au printemps, les expos bourgeonnent !

    Nadai 1

    Nadai 1 - Acrylique sur toile - 60x20 - 2016

    Avec le printemps débute la saison des... expositions printanières.

    Outre la réalisation de quelques œuvres, mon hiver 2016 a été consacré à la préparation de dossiers d'expositions et à la gestion de réseau. Cela avec un certain succès puisque, d'ici fin juillet, mes œuvres seront présentes à 7 reprises lors d'évènements et salons qui dureront d'un week-end à un trimestre.

    Dans le détail, l'agenda sera le suivant :

    - du 2 au 10 avril, invité d'honneur au 10è Salon de l'Art en Mouvement des Artistes du Beauvaisis, à Beauvais (60) - 12/15 œuvres présentes

    - du 9 au 17 avril, exposant au 22è Salon du Colombier, à Saint Arnoult en Yvelines (78) - 3 œuvres sélectionnées par le jury

    - du 3 mai au 28 juin, 10 gestes colorés récents présentés à la 3è Biennale d'Art en Beauce, à la Médiathèque de Toury (28)

    - du 21 au 29 mai, exposant au 7è Salon Gilles Anger à Rouxmesnil-Bouteilles, près de Dieppe (76) - une dizaine d'œuvres de différents formats

    - les 18 et 19 juin au Château de Waleffe, en Belgique

    Je serai également amené à présenter des œuvres dans 2 entreprises à Créteil (94) - juin/juillet - et Vélizy (78) - de mai à juillet, avec une dizaine d'œuvres pour chacune.

    Comme vous le voyez, "ça bourgeonne" ! ;-)

    Les lieux précis et les horaires sont accessibles à partir de la rubrique "Actualité" / "Agenda 2016" de mon site.

  • Etat d'urgence

    GoranasaiGoranasai - Acrylique sur toile - 61x50 - 2016

    Le thème du plaisir est pour moi récurent. Une discussion avec un ancien collègue d'entreprise l'a remis en lumière.

    Mon camarade évoquait à mon propos le côté merveilleux de pouvoir faire de sa passion son activité professionnelle. Une fois de plus, je me suis senti incapable d'acquiescer. Une fois rentré à la maison, je me suis dit que c'était le moment d'approfondir le sujet et de mettre au clair ma pensée.

    Plaisir... Passion... J'ai repris dans le dictionnaire la définition de la passion : "État affectif intense et irraisonné qui domine quelqu'un". C'est proche de ce que je ressens. A certains moment, le besoin de peindre me domine et je ne peux pas être tranquille avant d'être passé à l'acte. C'est donc ça la passion.

    J'ai ensuite regardé la définition du plaisir : "état de contentement que crée chez quelqu'un la satisfaction d'une tendance, d'un besoin, d'un désir". En général, après le plaisir, il y a une pause, un moment de calme parce que le besoin est rassasié, le désir est assouvi ; c'est l'état de satisfaction et on peut alors passer à autre chose. On parle du plaisir de manger ou de boire et il est intense lorsqu'on a faim ou soif. Mais lorsqu'on est déshydraté ou affamé on ne ressent pas le plaisir. On sait simplement qu'en buvant on fait quelque chose de vital.

    Ce matin, j'entendais une chanteuse, auteure-compositeur, qui parlait de la création d'un texte. Elle évoquait une sorte d'état d'urgence, un besoin irrépressible d'exprimer par des mots un état intérieur. Je me suis retrouvé dans cette évocation.

    Dans l'action de peindre, je sens quelque chose d'absolument nécessaire. Ce n'est peut-être pas vital mais si je ne passe pas à l'acte je ne fais qu'y penser. Alors : plaisir / passion ? Je ne peins pas pour satisfaire un désir mais pour exprimer quelque chose. En tous cas une chose est sûre : j'aime ça !

  • Ne pas se tromper de cible

    Otoukhan 1

    Otoukhan - Acrylique sur carton - 50x70 - 2016

    C'est comme une vaccination avec rappels : certaines situations doivent se produire plusieurs fois pour que la tête intègre comment réagir. La semaine dernière, j'évoquais la "stratégie des œuvres". Il existe aussi des postures stratégiques à adopter selon les circonstances.

    Par exemple lorsque l'inspiration refuse de montrer le bout de son nez. C'est comme pour soigner une tendinite : la première fois, on se dit que ça va passer en faisant attention. Parfois ça passe, mais il arrive que non seulement ça ne passe pas mais que ça s'aggrave. Quand on se décide à aller consulter, il faut plusieurs semaines de kiné avant de retrouver des moyens. Et on se dit que la prochaine fois, on ira consulter tout de suite. Malheureusement, si la tendinite suivante se produit des années plus tard, cette bonne résolution est tombée dans l'oubli et on recommence la même erreur.

    Avec le manque d'inspiration, c'est un peu pareil. La première fois, je n'ai pas compris ce qui se passait et je n'ai pas su comment bien gérer la situation. Je me suis inquiété. Après quelques jours, j'en ai parlé, j'ai été rassuré et l'inspiration est revenue. Je me suis dit que la prochaine fois, je me souviendrais de l'expérience pour la gérer plus facilement.

    La deuxième fois, je me suis rendu compte que la leçon avait porté ses fruits. Il s'est ensuite passé plusieurs mois avant que je ressente un nouveau défaut d'inspiration... et l'inquiétude est revenue. Pour en sortir le plus vite possible, la meilleure posture à prendre est de se remettre aux pinceaux sans porter de jugement sur ce que l'on produit. On ne doit pas se tromper de cible : au lieu de chercher à retrouver l'inspiration, il faut consacrer son énergie à mettre de la distance avec son inquiétude. C'est elle, le problème, pas l'inspiration !

    Finalement, la répétition des difficultés peut être utile pour s'exercer à conserver le réflexe de la posture salutaire.

     

  • La stratégie des oeuvres

    Tissayoxa 14Tissayoxa 14 - Acrylique sur carton toilé - 20x20cm - 2016

    Début 2015, mon expérience d'exposant se limitait à 2 expositions personnelles.

    Conforté par le bon déroulement de mon expo "Gestes colorés 2014", terminée en décembre 2014, je me suis intéressé à partir de mars 2015 aux salons expos collectives. Je me suis rapidement rendu compte que la période décembre-mars est cruciale pour l'artiste qui souhaite exposer.

    Dans cet intervalle de 4 mois doivent être envoyés la plupart des dossiers de sélection pour les évènements de l'année en cours.

    6 expos et salons se profilent pour moi d'ici fin juin. Selon les manifestations, la durée va de 2 jours à 2 mois et certaines d'entre elles se chevauchent même sur un week-end ou une semaine. L'une des questions à laquelle je dois répondre est : "quelles œuvres pour quels évènements ?".

    Le salon de Beauvais (60), qui commence le 2 avril, m'accueille en tant qu'invité d'honneur. J'aurai la possibilité de définir les toiles que je souhaite exposer. Pour le Salon de La Colombière (78), qui commence le 9 avril, les 3 œuvres exposées ont été choisies par un jury qui m'avait pré-sélectionné sur dossier. Je ne pourrai donc pas les exposer à Beauvais. Pour la session de Printemps de Rouxmesnils-Bouteilles (76), j'ai le choix des œuvres et de leur nombre, disposant de 10 mètres linéaires. Pour la biennale d'Art en Beauce, mon travail a été sélectionné à partir du dossier de candidature dans lequel je présentais 10 toiles. Sans être prisonnier de cette présentation, ces 10 œuvres formeront l'ossature de mon exposition et je m'assurerai de les avoir disponibles pour ce salon.

    Je postule également pour des salons et expos collectives qui ont lieu à Paris, en octobre et novembre prochains, et pour lesquels les grands formats sont quasiment obligatoires. Si je suis sélectionné à l'un d'eux, malgré seulement 13% d'élus, ce serait une superbe vitrine et je ferai une sélection "raisonnée" de mes toiles.

    Je dois donc dors et déjà faire des choix stratégiques et accepter de laisser dormir certaines pièces, qui pourraient "partir", afin de garder le meilleur à montrer en fin d'année.

  • Mon "quart d'heure" Andy Warhol

    Tissayoxa 13Tissayoxa 13 - Acrylique sur carton toilé - 20x20 - 2015

    Dans les années 60 et 70, Andy Warhol a exprimé à plusieurs reprises que chacun aurait, dans le futur, son "quart d'heure de célébrité". L'universalité des media le rend possible, à condition, bien sûr d'être visible et remarquable, dans le sens d'avoir quelque chose qui suscite l'intérêt de celui qui écoute ou regarde.

    J'ai vécu cette semaine une expérience étonnante. Le mercredi 24 février 2016 a été diffusée une émission télévisée sans rapport avec l'art et à laquelle je participais. Lors de son enregistrement, au mois de janvier, et sans que cela soit prévu, j'avais eu l'opportunité de parler de mon activité de peintre et de donner l'adresse de mon site internet. Après coup, j'ai pensé que cela procurerait 10, 50, voire 100 visites supplémentaires et j'en étais déjà très heureux.

    Au moment de la diffusion, le hasard a voulu que je sois connecté sur mon site. Dans les secondes qui ont suivi l'annonce de l'adresse "denisfournier.com", celui-ci est devenu inaccessible, comme si le "standard" avait sauté. Quelques instants plus tard, l'accès était de nouveau possible et j'ai constaté que ce n'était pas 100 mais... plus de 2.200 visites qui avaient été enregistrées en à peine 3 minutes, et 8.000 pages vues.

    Et le feu a été long car entre 16h30 et minuit ce mercredi-là, le site a reçu 3.260 visiteurs pour plus de 13.000 pages vues. Aujourd'hui encore, 4 jours après la diffusion, l'effet se fait sentir, avec des messages d'encouragements, de remerciements, des demandes de conseils et d'informations, des commentaires, des connexions sur Facebook et une remontée à la seconde place du concours auquel je participe grâce à un afflux de votes en ma faveur.

    Cette expérience a un double effet :

    - techniquement, je sais que je dispose d'un outil capable d'absorber une charge ponctuelle importante et qu'il est pertinent dans sa présentation puisque, sur 4 jours, j'observe une moyenne de presque 5 pages vues par visiteur, 2 fois supérieure à la normale. Ça, c'est fait !
    - d'un point de vue relationnel, c'est TRES enrichissant. Des contacts ont eu lieu avec des personnes de tous âges, de toutes sensibilités artistiques, en France et à l'étranger. Ça m'a apporté davantage qu'une semaine d'expo. Cela génère un véritable boost énergétique, renforce ma confiance dans la démarche entreprise et ma détermination à poursuivre.

    Andy Warhol avait raison ! J'ai la sensation d'avoir eu mon petit "quart d'heure" grâce à la télé et internet. Je l'ai ressenti parce que j'ai pu en mesurer les effets. Pour vivre son quart d'heure, il faut y être prêt, consciemment ou non. Il faut avoir un propos et un support pour le communiquer. Et si l'on a pas de quoi mesurer, on peut l'avoir vécu sans le savoir, comme celui qui achète un billet gagnant et qui ne regarde pas le tirage du loto correspondant. Ce serait dommage ;-) !
     

  • Circulez ...!

    Circulez"Circulez !" - Acrylique sur toile - 100x80 - 2016

    "Quand l'artiste ne triche pas, le pinceau est le traceur de son électrocardiogramme. Il exprime la trace de ce qu'il est à ce moment là".

    "En sortant des autoroutes (comme celle de Picasso et Marcel Duchamp) j'ai voulu rapprocher l'art de la vrai vie".

    Ces phrases, entendues ce dimanche après-midi sur Arte dans un documentaire qui lui est consacré, le peintre Gérard Fromanger me permet d'accepter ma dernière toile : "Circulez !".

    Ce titre m'est venu immédiatement après l'avoir réalisée. Je me suis dit : "Je ne vois rien". Et c'est vrai qu'aujourd'hui, artistiquement parlant, je n'ai pas envie de "produire du geste coloré".

    Ça ne rend pas les choses simples, car je me disais sans doute inconsciemment que j'avais trouvé ma voie, mon domaine, ma patte artistique. C'est peut-être vrai mais cela ne se passera pas pour moi de façon linéaire. C'est probablement le cas de tous les artistes. Je sens que je vais prendre des chemins de traverse pour, peut-être, revenir vers le "geste coloré" avec apétit, avec envie.

    J'y reviendrai tout à l'heure, demain, plus tard... ou pas du tout, qui sait ? Pas moi, en tous cas. Ce qui est sûr, c'est que "Circulez !" est l'électrocardiogramme du jour, celui dont parle Gérard Fromanger. Peut-être cette toile représente-t-elle un "geste coloré" explosé qui, un jour, se réagrègera.

  • The Paint, Saison 5

    Watashiva 3

    Watashiva 3 - Acrylique sur toile - 100x80 - 2016

    Je regarde l'émission The Voice depuis la première saison. Avec la saison 5 qui commence, je prends conscience à quel point mon œil et mon oreille ont évolué au fil des années. Je ne la regarde plus avec le même œil, la même oreille mais toujours avec beaucoup d'émotion.

    Cette émission, avec son concept de sélection à l'aveugle, m'a aidé, au fil des années, à saisir ce qu'est la personnalité artistique. Lors des 2 premières saisons, j'avais du mal à comprendre que les coaches ne sélectionnent pas des voix que je trouvais extraordinaires et qui m'impressionnaient. En 4 années, je suis passé de l'impression à l'émotion consciente. J'ai appris à faire la part des choses entre la performance, l'intention et la sincérité.

    Saison 1 : début 2012, je me débattais avec ma copie de "La Liseuse" de Fragonard, je désespérais de comprendre comment pratiquer l'aquarelle, je tentais 5 heures par semaine de saisir au crayon ou au lavis les silhouettes des modèles. Je voulais "y arriver". Dans The Voice, il y avait ceux qui savaient chanter et ceux pour qui c'était plus... difficile, mais je reste subjugué et admiratif de l'audace des prétendants.

    Saison 2 : 2013. J'ose des couleurs improbables en peignant mes montagnes. J'intègre progressivement la notion de composition et aborde les œuvres avec un regard plus critique. A force de répétitions bienveillantes, Delphine, au Ladakh, me permet d'ouvrir certains carcans dont j'étais prisonnier. Le doute devient moteur. Je comprends la notion d'harmonie en peinture et pourquoi des toiles me touchent immédiatement, sans décodage. Dans The Voice, je découvre que ce sont la couleur et la texture d'une voix qui me donne la chair de poule et non la perfection vocale. J'ai l'impression de comprendre comment "ça" fonctionne, pourquoi le frisson arrive.

    Saison 3 et 4 : 2014-2015. Je commence cette période en faisant un peu de tout. Je copie Sorolla et Odilon Redon, je crée un livret d'aquarelles "Paris vu de la Seine". J'ai besoin de me situer, de trouver des références. Parmi elles, l'Abstraction Lyrique, Georges Mathieu et Hans Hartung deviennent des ancrages, des ports dans lesquels je me retrouve. En 2015, j'arrête les cours et ne peins plus que des gestes colorés sur des formats de plus en plus grands. Je crée mon site internet, deviens plus visible et suis grâce à cela invité à exposer dans mon premier salon. Dans The Voice, la qualité des prestations augmente mais je ne suis plus surpris lorsqu'un candidat n'est pas sélectionné. Je comprends ce que cherchent les coaches et j'accepte avec bonheur l'émotion qui m'étreint. Je me projettte dans ces jeunes artistes avec plus de confiance

    Saison 5 : 2016. Je parcours plusieurs salons et vois de plus en plus d'artistes qui m'inspirent. J'ai le sentiment qu'ils me montrent la voie. Je les aborde tous, dès lors que leurs œuvres me touchent. Sur les stands des salons, je rencontre aussi des agents d'artistes, des galeristes, responsables d'évènements artistiques. Je développe des outils de communication, utilise systématiquement les réseaux sociaux et professionnels... Plus j'explore l'histoire de l'art et l'actualité de la peinture, plus je vois de belles choses, qui me touchent et me transportent. Dans The Voice, le niveau d'ensemble devient TRES élevé. Ça rend humble... Ce que j'entends provoque plus souvent une émotion qui n'est ni une attente, ni une surprise. Je comprends comment on se retrouve sur scène, question de détermination et de hasards.

    Comme les artistes qui tentent leur chance à The Voice, je tente la mienne en présentant une candidature ambitieuse pour exposer en fin d'année. Sur 1000 dossiers soumis, une centaine seulement sera sélectionnée. L'émotion suscitera-t-elle la sélection ? La composition du dossier provoquera-t-elle l'intérêt ou, à défaut la curiosité ? Un galeriste m'a dit aujourd'hui que les nouveaux candidats sont rarement retenus. Au pire, j'aurai grimpé la première marche vers mon ambition. Cool !

  • La finalité de l'œuvre, c'est... ?

    Watashiva 1

    Watashiva 1 - Acrylique sur toile - 100x73 (40F) - 2016

    A quoi sert une œuvre d'art ? Si la question est régulièrement posée vis à vis de l'Art, celle se rapportant à l'œuvre proprement dite s'est posée hier à l'issue d'une conversation.

    Nous parlions de ma façon de peindre, de ma démarche artistique, de l'Abstraction Lyrique et de ses principes lorsque mon interlocutrice m'a posé la question de la mort qui tue : "tu éprouves du plaisir en peignant ?". Ma réponse à cette question vient maintenant sans embage ni circonvolutions : "Non ! Je n'éprouve pas de plaisir en peignant...". Ma partenaire de discussion en semblait désolée, précisant que c'était "dommage".

    Quelques heures plus tard, seul, je repensais à cet échange. Comment, depuis 4 ans, puis-je poursuivre une activité pour laquelle je ne ressens pas de plaisir ? La première raison est que si je n'en éprouve pas, je n'ai pas pour autant de "dé-"plaisir. C'est plutôt une nécessité, une épreuve, incontournable pour poursuivre mon existence. D'une séance de création, même courte, je peux sortir vidé, le cœur battant. Au final il reste l'œuvre. Elle existe parce que je me suis dit "ça va comme ça".

    Ce soir-là, j'avais fait défiler des gestes colorés photographiés sur mon smartphone. J'entendais les réactions des spectateurs. Les commentaires étaient positifs, c'était agréable à entendre. Mais le plaisir n'était pas encore là. J'assimilerais plutôt ce que j'ai ressenti à de la fierté quand l'humilité en prend un coup ;-). Le plaisir c'est ce qui a suivi : parler, échanger, partager, des émotions, des expériences, des sensations ;  créer de la complicité et stimuler la curiosité qui vont permettre d'en (sa)voir plus sur l'œuvre et sur soi-même à travers le propos de "l'autre" : celui qui est en face de soi et celui qui est en soi. Quand l'œuvre déclenche ça, elle a rempli sa mission.

    Personnellement, je sors de ces instants ravi, avec l'impression que le hasard, qui fait si bien les choses, est LA raison pour laquelle je suis toujours au bon endroit au bon moment, ici et maintenant. Il suffit de lui donner la possibilité d'exister. Et c'est là que se trouve le plaisir, prolongé, durable, celui dont on se souvient.

  • L'Abstraction Lyrique par son inventeur

    Un  nouvel "ami" sur Facebook a publié dans son journal une vidéo extraite d'un film de Frédéric Rossif intitulé "Georges Mathieu ou La Fureur dÊtre".

    Je me souviens avoir entendu parler de ce film lorsque j'ai pris conscience que j'étais dans la mouvance de l'Abstraction Lyrique. C'était il y a un peu plus d'un an. Et il s'en est passé, des choses, en un an. Des évènements personnels et artistiques, qui ont eu le temps de me faire prendre de la distance avec la référence qu'est pour moi Georges Mathieu.

    C'était un personnage au comportement étonnant, comme vous pourrez en juger en regardant la video, avec un phrasé et un ton d'une préciosité que l'on n'entend plus aujourd'hui. Cependant, le choix des mots, la précision et le comportement devant la toile permettent de comprendre ce qu'est l'Abstraction Lyrique et comment elle s'inscrit dans l'histoire de l'Art. Je suis particulièrement touché lorsqu'il parle du "risque" que représente l'acte de peindre en s'oubliant soi-même. En l'écrivant, je sens un jet d'adrénaline m'envahir.

    Pour réaliser mes 2 plus récentes toiles de grand format, j'ai été contraint de protéger le sol et les murs, encore propres, de mon (tout) petit atelier. En regardant bouger Georges Mathieu devant sa toile, vous comprendrez pourquoi...

    L'envie d'aborder de très grands formats me guette.
  • Sensation de vide

    Watashiva 2

    Watashiva 2 - Acrylique sur toile - 100x73 (40P) - 2016

    Tous les dossiers de candidatures ont été envoyés. Le site internet est à jour. L'article du WE prochain est déjà écrit. Toutes les œuvres ont été photographiées et archivées. Cet après-midi, j'ai peint une grande toile dont le fond avait été préparé il y a 3 jours...

    Une sensation de vide m'envahit. Je sais que ça ne va pas durer, mais ça faisait longtemps que je ne l'avais pas ressentie.

    La vie d'artiste, c'est créer, produire, s'instruire, s'exposer mais c'est aussi gérer. Du matériel, comme avoir en stock les toiles, les couleurs, les couteaux et brosses au bon moment. C'est le plus simple à faire, car quand il n'y a pas, il suffit d'aller dans mon magasin préféré et de faire des emplettes.

    La gestion du réseau est chronophage, surtout au début de la vie d'artiste : il faut chercher les portes d'entrée, les déverrouiller, les laisser entrouvertes, structurer son message et ses supports d'informations, mesurer l'impact de ses actions, imaginer les suivantes. Tout cela est si varié et il y a tant de moyens à disposition que ça peut devenir un refuge dans lequel on s'emprisonne du matin au soir derrière son ordinateur.

    Mais il y a aussi la gestion du temps. On se plaint souvent de ne pas en avoir, mais quand on l'a, il arrive qu'il y en ait trop pour l'énergie dont on dispose. Quand il s'agit de préparer une expo, je sais ce que j'ai à faire. Mais quand tout ce que j'avais à faire a été réalisé, c'est quoi la suite ?

    La peur du vide entre en jeu et il faut alors savoir gérer sa tête. Après s'être posé la question "de quoi ai-je besoin ?" et qu'elle n'a temporairement plus de réponse, vient la question "de quoi ai-je envie ?"... et il arrive qu'elle n'ait pas non plus de réponse immédiate. Il est utile d'avoir une statégie pour gérer cette situation et trouver rapidement une solution.

    Dans ces moments-là, il est essentiel de se re-connecter avec soi-même et c'est par le vide qu'on peut y parvenir. Lorsque le vide s'installe, le temps devient le soleil et la respiration l'arrosage qui font émerger les idées et renaître les envies. Si ce processus n'est pas mené le temps nécessaire, ce qui viendra aura la fadeur des légumes qui sont produits artificiellement. En prenant le temps, en respirant profondément, la tête prendra le rythme du corps et ils trouveront ensemble une suite qui a du sens.

  • Première sélection en live

     

    Lobster 1

    Lobster - acrylique sur papier spécial - 21x30 - 2015

    Pour la première fois, ce 9 janvier 2016, je présentais des œuvres à un jury en espérant être retenu pour exposer au salon organisé en avril à Saint-Arnoult-en-Yvelynes.

    Jusqu'ici, j'avais été initiateur de mon exposition à St Mandé fin 2013, puis recommandé par un artiste convaincu auprès de la Galerie d'Aguesseau fin 2014, orienté par une vers le restaurant STROBI qui m'a accueilli en juin 2015 et enfin sollicité via mon site internet pour ma participation au Salon de Rouxmesnil-Bouteilles en novembre 2015

    Je n'avais pas encore vécu l'attente, dans le couloir, de la décision d'une dizaine de personnes réunies dans une pièce, à qui j'avais apporté des toiles qui avaient fait au préalable l'objet d'une pré-sélection par mail. Devant moi, une candidate n'avait eu qu'une toile sélectionnée sur les 3 présentées. L'artiste arrivé après moi n'en a eu aucune.

    Et pour moi ? Good news ! 3 toiles seront exposées sur 3 possibles : 2 petits formats (Lobster et Aeolidia - 21x30) et Deep up (50x70). Des œuvres à l'ambiance aquatique. Accrochage le 7 avril, exposition du samedi 9 au dimanche 17 avril. Un bon début pour une année lors de laquelle je vais essentiellement me porter candidat pour des salons d'art avec sélection.

  • Autocréation

    Tissayoxa 6

    Tissayoxa 6 - Acrylique sur carton toilé - 20x20 - 2015

    Emma est une artiste d'origine tanzanienne. Comme moi, elle a changé de trajectoire en décidant de consacrer son temps et son énergie à la découverte de l'art.

    Nos rencontres nous permettent de partager nos expériences, de confronter nos perceptions au fil de notre périple à la rencontre de notre posture artistique. Pour qui, comme nous, n'a pas de formation artistique reconnue, il est difficile de trouver des interlocuteurs qui puissent comprendre par là où nous passons, des partenaires avec qui l'on puisse en toute confiance partager des expériences profondes, notamment dans l'acte créatif.

    J'évoquais avec Emma mes projets pour 2016, m'imaginant en fin d'année exposer à MacParis. Je lui demandais comment elle se projetait dans l'avenir en tant qu'artiste : comment se voyait-elle, en décembre 2016 par exemple, de quelles expériences serait-elle plus riche, comment rêve-t-elle son futur ? Sa réponse fut immédiate : "je ne me vois pas moi, je ne vois que l'œuvre que je suis en train de créer, vers quoi je veux la faire évoluer...".

    En écoutant Emma, je me suis revu quelques mois plus tôt, me questionnant sur ce je devais faire d'un geste coloré. J'étais, moi aussi, centré sur l'œuvre : était-elle achevée ou incomplète, y manquait-il quelque chose, oserais-je la présenter...? J'avais le sentiment qu'Emma me ramenait vers l'essentiel.

    En poursuivant ma réflexion, j'ai compris que l'artiste et l'œuvre ont quelque chose à voir avec l'œuf et la poule : ils se créent mutuellement. Selon son stade de développement, le facteur (celui qui fait) se préoccupe de ce qu'il fait ou de comment et pourquoi il le fait. Les séquences alternent au rythme de chacun, chaque artiste ayant le sien.

  • 2016, année créative

    Essethe 3

    Essethé 3 - Acrylique sur carton - 50 x 70 - 2015

    La question s'est (im)posée à moi en ce début d'année : que m'apporte la création d'une toile ? Réponses...

    D'abord la sensation d'éprouver ma liberté, de l'utiliser concrètement. Nous vivons dans un pays que l'on qualifie de "libre" mais quand a-t-on véritablement la sensation de l'être dans notre vie quotidienne ? Chaque toile est pour moi un rappel de liberté.

    Une opportunité d'étonnement, de surprise et de découverte. C'est sans doute ce que j'aime le plus retrouver dans l'acte créatif. Le problème est qu'il ne faut surtout pas les chercher, les attendre. Il faut les laisser venir car plus on les cherche moins on les trouve. C'est une posture à prendre, difficile à apprendre.

    De la fierté, celle qui fait tenir debout, celle qui va de pair avec l'estime de soi. Sans fierté, peut-on exister ?

    La possibilité du partage, d'avoir quelque chose d'unique, d'original et de légitime à proposer, qui vient du plus profond de soi. Le partage me semble essentiel car il amène à confronter l'image que l'on donne, à celle que l'on a de soi. C'est une sorte de baromètre d'amour-propre.

    La sensation du risque. Je retouve dans l'acte créatif l'adrénaline dont je ressens les effets dans ma pratique sportive. On prend beaucoup de risques en créant : celui de la déception, du rejet, de l'incompréhension, de la différence. La bonne nouvelle, c'est qu'on se crée en même temps l'opportunité de la joie, de la reconnaissance, de la singularité et de la tolérance. Pas mal comme programme...

    Je nous souhaite à tous une année 2016 créative.